Day: 18 mai 2022

Belmondo dans le ciel de Cannes grâce à la mairie cannoise et à Paris Match

75 ans de Palmes et d’émotions, cela se fête ! Et en compagnie de Jean-Paul Belmondo, cela se célèbre, même ! Bien en place a été très heureuse d’assister, ce mercredi 18 mai 2022, à la révélation de la photographie géante, mise à l’honneur, avec le concours de Paris Match, à la mairie de Cannes. Il s’agit rien moins que de la 19e édition de « Cannes fait le mur », manifestation organisée par la mairie et dont le célèbre magazine du choc des images et des mots est le partenaire. Marc Brincourt, rédacteur en chef photographie de Paris Match jusqu’en 2017 et passionné d’images devant l’éternel, a su rendre un hommage très touchant à Jean-Paul Belmondo et aux nombreux et nombreuses photographes qui ont su le magnifier au fil du temps. Sur le cliché sélectionné, Jean-Paul Belmondo, bien connu pour ses scènes d’actions légendaires, prend de la hauteur pour mieux admirer la Croisette, tout en la prenant aussi, avec humour, un peu de haut : « Cannes, rien à cirer », tel fût le thème du reportage comme Marc Brincourt l’a rappelé. A l’heure où la disparition de l’acteur est encore dans toutes les mémoires, voir Belmondo au sommet du ciel cannois est source d’une émotion réelle. Cette photographie a résolument quelque chose de cette « aura » dont parle Walter Benjamin, ce sentiment d’unicité lié à un moment, qui brillera pour toujours.

Toujours très engagé dans la culture et la promotion artistique, le maire de Cannes, David Lisnard, est aussi intervenu, rappelant combien tout projet de cette ampleur et dans la durée reste avant tout un travail d’équipe et de conviction. Le journaliste et écrivain Patrick Mahé a aussi honoré cette manifestation qui accompagne sublimement nos rêves, le temps d’un festival. Merci en tout cas de faire ainsi briller, dans le firmament cannois, cette star mythique française qui doit sûrement penser combien tout ça a de la gueule et fière allure !

La rédaction de Bien en place.

Vous n’y couperez pas ! Bien en place aime le nouveau film de Michel Hazanavicius

Le pari s’avérait pour le moins risqué : un film de zombies en ouverture du Festival de Cannes ! En 2019 déjà, avec The Dead Don’t Die de Jim Jarmusch, c’est avec une armée de revenants, en quête d’un verre de Chardonnay ou d’une connexion Wifi, qu’avait démarré l’édition cannoise; choix pour le moins contesté et qui reçut un accueil en demi-teinte. Les qualités de ce long-métrage, mises en exergue par Esther Heboyan, membre de Bien en place, sur le Club de Mediapart (https://blogs.mediapart.fr/esther-heboyan/blog/300519/dead-dont-die-de-jim-jarmusch-balade-en-zombie-land) semblaient pourtant indéniables, en particulier le retour à des traits stylistiques propres aux premiers films du réalisateur américain tandis que le casting demeurait à couper le souffle : Adam Driver, Bill Murray, Chloë Sevigny, Tilda Swinton… Souhaitant peut-être rompre avec la malédiction – et en soif d’un opus ravageur à tous points de vue – les organisateurs du Festival n’ont pas hésité à récidiver en programmant Coupez !, la nouvelle comédie de Michel Hazanavicius, un habitué des récits débridés à l’humour décalé.

On se demandait, non sans une certaine appréhension à la vue de l’affiche flashy éclaboussante de faux sang, ce que le pari allait donner. Disons-le sans détour : ce film jubilatoire est une grande réussite pour le réalisateur français. On peut même y voir un hommage inattendu au cinéma et à la fabrique de l’œuvre ; hommage, certes, bien différent de celui de François Truffaut avec La nuit américaine (1973) mais pas moins touchant et authentique à sa façon. Cette déclaration d’amour à l’esprit d’équipe et au cinéma a placé Coupez ! dans le prolongement parfait d’une cérémonie d’ouverture, elle-même consacrée à un éloge vibrant au septième art ; à toutes celles et tous ceux qui s’acharnent, coûte que coûte, à écrire, produire, tourner des fictions audiovisuelles. Il faut alors être prêt à surmonter bien des difficultés… comme celles que va devoir affronter l’équipe de tournage que filme Michel Hazavanicius. Le réalisateur a choisi pour double imaginaire Romain Duris, qui incarne Rémi, un metteur en scène survolté et hystérique en apparence mais qui, en réalité, sait mener sa barque du mieux qu’il peut, ce qui sera révélé par la suite, dans une série rebondissements jouissifs tant il est vrai que Coupez !, contrairement à son titre, va crescendo jusqu’à sa sublime fin ! Un film à couper le souffle, en quelque sorte…

Coupez ! ©prod

On revient pourtant de loin ! Coupez ! semble patiner à son démarrage, dévoilant au spectateur les coulisses d’un film de zombies en plein tournage dans un centre commercial désaffecté. La réalité y dépasse bientôt la fiction lorsque l’équipe du film tombe victime de la malédiction des lieux : devenant zombies et se contaminant tour à tour, ils enchaînent les situations absurdes, au travers d’un plan séquence aux maladresses permanentes. Cadrage bancal, mouvement de caméra bloqué de manière absurde, répliques poussives, jeu d’acteur caricatural ne pouvant susciter l’adhésion : le spectateur se demande légitimement dans quelle galère il s’est embarqué ! Et pourtant ! On aurait tort de se décourager et mieux vaut rester accroché à son siège : Michel Hazavanicius a, comme on le dit en persan, « un bol dans son bol ». La deuxième partie retrace en effet comment, quelques mois plus tôt, le projet de ce film a fini par s’imposer, suite à l’insistance d’une productrice japonaise chevronnée et déterminée à faire un projet rapide et pas cher. Défi de taille : tous les personnages joués par des occidentaux seront affublés de prénoms japonais et surtout le film devra être tourné en direct, sans reprise ou coupure possible ! On en vient dès lors à mieux comprendre de ce que l’on a pu voir, de manière naïve, à l’incipit du film. Mais c’est surtout la toute dernière partie, véritable bouquet final d’un feu d’artifices inspiré, qui bluffe totalement : Michel Hazavanicius y dévoile en effet le making-of du film et toutes les difficultés que les assistants, techniciens, acteurs, bruiteurs, producteurs ont dû surmonter au fur et à mesure pour parvenir à conduire l’aventure à son terme. Mise en abyme du métier du cinéaste, transmission de flambeau d’un père à sa fille – qui a la responsabilité du dernier plan, Coupez !, sous ses apparences de film B limité aux registres du gore et de l’humour, est en vérité une grande œuvre. Cannes 2022 ne pouvait rêver d’un meilleur lancement.

La rédaction de Bien en place.

Bien en place à la Cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes 2022

Françoise Nyssen et Raphaël Chantoiseau, président de Bien en place, lors de la Cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes 2022

Mardi 17 mai 2022 a eu lieu la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes 2022. Cette 75e édition est un événement, aussi bien en place… se devait d’être bien en place, plus que jamais. Virginie Efira a su conduire, à la perfection, le déroulé de ce moment intense et touchant. A travers un décor aux effets spéciaux numériques très réussis, Cannes s’est mise en abyme : des images de la ville, aux couleurs du cinéma, constituant une jolie toile de fond pour rendre hommage au septième art et à l’histoire, si riche et singulière, du festival.

Bien installée depuis les balcons, Bien en place a pu profiter pleinement de l’entrée en scène du jury d’exception de cette édition : Rebecca Hill, Deepika Padukone, Noomi Rapace, Jasmine Trinca, Asghar Farhadi, Ladj Ly, Jeff Nichols, Joachim Trier et bien sûr Vincent Lindon, président du jury. Son discours très engagé et remarquablement bien écrit a marqué les esprits : c’est non sur un prompteur mais sur sa feuille de papier manuscrite qu’il a tenu à le lire, rappelant la nécessité pour le cinéma d’être pleinement partie prenante du monde périlleux dans lequel nous vivons, aujourd’hui plus encore qu’hier. De ce point de vue là également, l’intervention du président ukrainien Volodymyr Zelensky, a été particulièrement émouvante. L’hommage rendu à l’acteur Forest Whitaker s’inscrit aussi dans une volonté de marquer les esprits à travers la mise à l’honneur d’un acteur d’exception aux combats multiples.

Dans les couloirs et les coulisses du Palais du Festival et du Grand théâtre des Lumières, Bien en place a pu retrouver des amis chers et dialoguer avec ces artistes que nous aimons tant et sans lesquels la vie serait moins belle.

Marc et Valérie Ivasilevitch, Raphael Chantoiseau, président de Bien en place, lors de la Cérémonie d’ouverture, Festival de Cannes 2022

Cette belle soirée, dans le contexte particulier de 2022, a donc été un moment fort de retrouvailles, de rencontres et surtout un événement essentiel pour rappeler combien nous avons besoin du cinéma pour donner vie et forme à nos idées, pour exprimer notre soif de liberté et de partage et pour être bien en place dans le monde d’aujourd’hui.

La rédaction de bien en place.