Nos plus belles expos BIEN EN PLACE 2019

A l’heure où la vie culturelle va reprendre le 19 mai prochain, nous promettant une belle seconde moitié d’année, la rédaction de BIEN EN PLACE a souhaité revenir, en images, sur une sélection de magnifiques souvenirs, artistiques et amicaux, de l’année 2019. De quoi nous réchauffer l’esprit et le cœur avant le retour des riches heures événementielles et muséales.

C’est au fabuleux musée de la chasse et de la nature (Page d’accueil – Musée de la Chasse et de la Nature (chassenature.org), dont la réouverture après travaux sera l’un des événements de l’année 2021, que nous ouvrons le bal rétrospectif de l’année 2019… en très belle compagnie. Dans le cadre de la saison France-Roumanie 2019, notre ami Mircea Cantor, artiste aux talents multiples et internationalement reconnu, y présentait son exposition « Chasseur d’images », une manière habile pour lui de revenir sur plusieurs axes de son travail où la notion de territoire demeure essentielle. Une signature de timbres, dessinés par lui pour le 350e anniversaire de l’Opéra de Paris, a constitué une autre occasion de le revoir sous les ors de l’Opéra Garnier.

L’année 2019 a aussi représenté, plus que jamais, une année Marmottan ! Musée Marmottan – Monet — Musée Marmottan Monet. Tout d’abord avec « L’Orient des peintres. Du rêve à la lumière », ce musée a présenté des collections publiques et privées exceptionnelles sur un thème essentiel de la peinture du XIXe siècle. Ensuite, avec « Mondrian Figuratif », le public a pu découvrir un aspect beaucoup moins connu de l’œuvre du célèbre peintre abstrait, dans une scénographie sobre et élégante qui jouait, précisément, avec les couleurs et thèmes qui ont fait la renommée de son abstraction géométrique. Une occasion rêvée aussi de retrouver nos très chers et chères ami(e)s : Ilona Orel, Katya Solotsinskaya, Marietta et Slotan Bantchev et Pierre Finot.

Marmottan nous ayant déjà placé au cœur de la thématique impressionniste, c’est tout naturellement que nous avons poussé le chemin jusqu’à Giverny, pour une importante exposition « Ker-Xavier Roussel. Jardin privé, jardin rêvé » (Ker-Xavier Roussel Exposition 2019 au Musée des Impressionismes Giverny) : une centaine d’œuvres ont permis de retracer son parcours depuis ses expérimentations nabies jusqu’à ses narrations mythologiques aux couleurs chatoyantes.

Classique aussi fut cette année, marquée par de somptueuses Annonciation et Vierge à l’Enfant de la collection Alana au musée Jacquemart-André (La collection Alana | Musée Jacquemart-André : une collection unique à Paris, Paris – géré par Culturespaces (musee-jacquemart-andre.com), mais aussi par la visite de l’exposition « Marie-Antoinette, métamorphoses d’une image » (Marie-Antoinette, métamorphoses d’une image (paris-conciergerie.fr) à la Conciergerie. Costumes, objets, affiches, livres : la scénographie a permis de mettre en lumière comment cette reine, au destin tragique, s’est métamorphosée en icône. Une visite de rêve, en compagnie du comte Pierre Cheremetieff et de la comtesse Huguette Cheremetieff, d’Ilona Orel et Katya Solotsinskaya. Enfin, les lumières de l’Opéra Garnier ont resplendi pour l’exposition « Le Grand Opéra de Paris. Le spectacle de l’Histoire » (Le grand opéra – Événement – Programmation Saison 19/20 – Opéra national de Paris (operadeparis.fr), soirée où nous avons eu le grand plaisir de retrouver Marc et Valérie Ivasilevitch de Russian Day (www.russianday.org) et Sophie Laporte, directrice des éditions de la RMNGP.

Impossible de parler de 2019 sans mettre en exergue l’exposition « Léonard De Vinci » (24 octobre 2019 – 24 février 2020) qui a fait événement au Louvre (En ce moment | La programmation du musée – Expositions | Léonard de Vinci (louvre.fr) et a nécessité près de dix ans de travail. Sculptures, peintures, dessins et gravures : l’ampleur des talents du maître s’est une nouvelle fois imposée à l’occasion des 500 ans de sa disparition. Bravo aux éditeurs du catalogue d’exposition qui a remporté le prix Catalpal 2019 ; deux de mes catalogues, édités pour le musée Rodin, faisaient partie de cette belle sélection : Rodin. Dessiner/Découper et Barbara Hepworth. Lors de la cérémonie à la mairie du 3e, nous avons eu grand plaisir à retrouver la présidente du jury, Catherine Meurisse.

L’art contemporain a aussi été à l’honneur en 2019, notamment avec l’exposition événement de Christian Boltanski au Centre Pompidou : « Faire son temps » (Christian Boltanski – Faire son temps – Centre Pompidou). Entre mémoire et disparition, l’artiste interroge la capacité de l’homme à laisser une trace dans l’histoire, tout en affirmant la nécessité de cette quête. L’histoire s’écrit aussi au présent au Centquatre (Le CENTQUATRE-PARIS (104.fr) qui a accueilli la biennale numérique Némo, à l’occasion de laquelle nous avons pu rencontrer la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. Enfin, la réouverture du musée de l’Air et de l’Espace au Bourget a permis de découvrir une nouvelle scénographie dynamique et forcément aérienne à l’occasion d’une soirée cocktail toute en musique.

Après une année aussi remplie, quoi de mieux que de finir en beauté à la Manufacture des Gobelins | Mobilier National (culture.gouv.fr) pour l’événement gourmand et festif pour les yeux « Noël aux Gobelins ». Un peu plus tôt dans l’année, Google avait proposé la découverte d’artistes innovants lors du projet « Prière de toucher le fil », dont faisait partie l’artiste Chloe Bensahel. Le fil de cette année, déroulé seulement en partie encore, a en tout cas plus que jamais été à la hauteur de nos espérances.

La rédaction de BIEN EN PLACE.

Fontainebleau : de Napoléon au théâtre

Rétrospective 2019, épisode 1

BIEN EN PLACE ouvre sa grande rétrospective 2019 sous les ors du château de Fontainebleau, où la rédaction s’est rendue à deux reprises.

D’abord, pour visiter l’exposition « La Maison de l’Empereur » (13 avril – 15 juillet 2019), qui est parvenue à resusciter « l’esprit des lieux » qui régnait à l’époque de la cour impériale de Napoléon Ier, grâce à une scénographie grandiose, ne lésinant pas sur les moyens et sur la mise en scène : lumières, vitrines, rideaux, tout participe à une féerie qui met en valeur le riche corpus présenté : tableaux, dessins et gravures, arts décoratif de la Manufacture de Sèvres, costumes de cour… L’Empereur et ses artistes manifestaient une attention redoublée au moindre détail.

Les représentations de Napoléon Ier, seul ou entouré de sa cour, reflètent une idéologie où costumes, symboles, gestes et attitudes se placent au service d’un pouvoir incarné par un homme providentiel, prêt à toutes les audaces et conquêtes.

Cette iconographie flamboyante a clairement accompagné la montée en puissance de Napoléon Ier. Des objets à l’exécution parfaite – arts décoratifs, arts de la table, bijoux – côtoient, tout au long de l’exposition, des vêtements précieux et des bustes majestueux à l’exécution fine. La visite nocturne des appartements puis le cocktail dans la grande galerie François Ier ont parfait la magie de la soirée.

Au mois de juin, nous sommes venus de nouveau à Fontainebleau pour célébrer, à l’occasion d’une garden party musicale et champêtre, la réouverture du théâtre impérial du château. Grâce au soutien financier d’Abou Dhabi, ce dernier a retrouvé sa splendeur et la magie de ses décors, redonnant tout son lustre à cet espace. Cet écrin est si précieux qu’il ne peut plus, hélas, héberger de spectacle en dehors des soirées privées mais on peut le visiter avec un guide. Fontainebleau, demeure préférée de François Ier, est toujours aussi magique.  

La rédaction de Bien en place.

Souvenir d’un tournage très fort avec Shabnam Tolouei

Mostafa Heravi, chef-opérateur de l’image, Shabnam Tolouei, réalisatrice, Raphaël Chantoiseau, ingénieur du son

Parmi les tournages qui m’ont le plus marqués ces dernières années, il y a ce film-documentaire de Shabnam Tolouei, SETAREH. La photo a été prise à l’issue d’une journée de travail très intense, avec des témoignages forts et émouvants de femmes qui parlent de violences dont elles ont été victimes. C’est ma troisième collaboration avec Shabnam Tolouei, cinéaste, écrivaine, comédienne de très grand talent et aussi mon amie. Son inspiration, son énergie et son courage constituent un exemple ; je suis très fier de cette amitié qui fait partie de ces cadeaux inattendus et précieux de l’exil. Cette photographie révèle comment une équipe s’allie comme une seule personne pour une cause commune en toute liberté et bien en place.

Raphaël Chantoiseau

Souvenir d’un tournage à Madrid, 2019

C’est avec un plaisir infini que j’ai retrouvé Kubra Khademi, au début de l’année 2019, dans le cadre d’un tournage pour un film documentaire de Mélanie Trugeon. Kubra est une artiste inclassable, une performeuse hors norme. Elle a fui son pays, l’Afghanistan, pour s’exprimer dans toute sa singularité; exprimer la violence faite aux corps des femmes et donner une voix aussi à la nécessité de créer pour survivre !

Être à ses côtés dans les rues de Madrid a constitué une aventure d’autant plus forte que c’était la première fois que je me trouvais en Espagne, un pays dont j’ai capté les sons avec une grande curiosité. La nuit à Madrid, l’ambiance est très sympathique et vivante ; la musique est partout, la gastronomie extraordinaire; c’est une atmosphère, une couleur locale, qui offre un univers à part, vivant et vibrant. J’avais le sentiment d’être dans un film d’Almodovar.

Kubra m’a impressionné par son charisme, sa force à performer, pieds nus, dans les rues, sous l’oeil des passantes et des passants. Il fallait tout saisir, vite, être réactif au moindre mouvement.

C’est une expérience artistique et humaine que je n’oublierai jamais. C’est bien dans ces moments-là que l’on se sent bien en place.

Raphaël Chantoiseau

BIEN EN PLACE soutient le premier album d’HAYLEN

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Sa voix, sa musique, son style nous ont enchantés dès le départ ! HAYLEN, héroïne de THE VOICE 5, de l’Opéra Rock Le Rouge et le Noir, et du dernier show de Jean Paul Gautier se lance dans une grande aventure : la production de son premier album studio.

Il reste moins de 7 jours pour la soutenir grâce au pré-achat de supports de grande qualité. Ce sera aussi l’occasion unique de nous retrouver pour fêter la sortie de ce premier opus très attendu. Rendez-vous sur :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/haylen-enregistrement-et-production-du-1-er-album?fbclid=IwAR2ATQnplWOA6IYHFp2Av60alnHUDi4VwgLzCt2ZHXWvo9a1i3PLqB4Q0UI

Haylen – Membre d’honneur de l’association Bien en place – https://www.haylenofficiel.com

Après avoir séduit les parisiens dans le métro , les français à travers plus de 200 concerts, après avoir conquis les coachs et le public de TF1 dans « The Voice 5 », Haylen a décroché à 27 ans le premier rôle féminin dans l’Opéra Rock  événement de la rentrée 2016 : Le Rouge Et Le Noir. Fin 2019, la tournée de ce spectacle en Asie a connu un succès phénoménal avec 50 dates à guichets-fermés. Haylen a récemment rejoint la troupe du « Fashion Freak Show » de Jean Paul Gautier aux Folies Bergères pour plusieurs représentations.  En Février 2020, elle a fait partie de la tournée triomphale de ce spectacle en Russie. Son premier EP, OUT OF LINE, est sorti en mars 2018.

Sous la lumière de Darius Khondji

Jordan Mintzer, le 25 juin 2019, a été lauréat du 3e Prix du livre de cinéma du CNC pour un ouvrage que tous les amoureux du 7e art devraient avoir un jour entre leurs mains : CONVERSATIONS AVEC DARIUS KHONDJI (éditions Synecdoche, 2018). En présence du grand critique et historien du cinéma Michel Ciment, de l’éditeur et de la présidente du jury, la comédienne Emmanuelle Devos, cette cérémonie a permis de mettre sous la lumière l’œuvre d’un des plus grands chefs-opérateur de l’image au monde : Darius Khondji.

Ce livre bilingue (français/anglais) constitue une authentique prouesse éditoriale, ayant nécessité de nombreuses années de travail. Le lecteur y trouvera des documents d’archives inédits, des photos de tournages, des extraits de storyboards ou des moodboards qui tous reflètent la riche carrière de Darius Khondji. Les passionnantes conversations entre ce dernier et Jordan Mintzer, producteur de films et critique new yorkais, offrent une contribution majeure à la connaissance d’un métier dont il est hélas trop peu question dans les ouvrages de cinéma : celui de chef-opérateur de l’image. Il comporte en outre des interviews d’artistes avec lesquels Darius Khondji a collaboré… et la liste est impressionnante : Jean-Baptiste Mondino, Jean-Pierre Jeunet, Bernardo Bertolucci, Woody Allen, Isabelle Huppert, James Gray… Leurs témoignages apportent des points de vue précis et singuliers : on appréhende ainsi grâce à eux, de façon très parlante, certains des défis que Darius Khondji a été amené à relever et la manière dont il y est parvenu. De plus, en donnant la parole à des étalonneurs, des cadreurs, à des techniciens et artistes de renom, comme Yvan Lucas, Jörg Widmer, Philippe Parreno ou Frank Weterrings, Jordan Mintzer prolonge cette exploration de la fabrique des films de manière didactique, sans jamais séparer ce qui relève de la technique et de l’artistique. Par ailleurs, un avant-propos de Michel Ciment – rappelant la nécessité de dépasser la simple « politique des auteurs »pour envisager le cinéma comme un travail collectif – et une conclusion touchante de Nicolas Winding Refn, encadrent de la plus belle des façons l’ouverture et la fin du livre.

Les conversations en continu entre Darius Khondji et Jordan Mintzer forment le cœur battant de ce livre vivant et reviennent – en plus des artistes déjà cités ci-dessus – sur ses collaborations avec David Fincher, Alan Parker, Roman Polanski, Danny Boyle, Sydney Pollack, Michael Haneke, Wong Kar-Wai, Bong Joon Ho… entre autres ! La participation de Darius Khondji à de si multiples chefs-d’œuvre cinématographiques permet au dialogue avec Jordan Mintzer de faire entrer, de manière exemplaire, le lecteur dans les arcanes de la conception et de l’exécution de l’image de cinéma.

   

L’équipe de Bien en place avec Darius Khondji au CNC le 25 juin 2019 et un extrait du livre paru chez Synedoche (2018).

Dans son introduction, Jordan Mintzer, revient sur l’éternelle opposition entre artiste et artisan. Ce débat a traversé toute l’histoire de l’art et concerné plus particulièrement les peintres, qui de simples « coloristes » voulaient être considérés comme des intellectuels et des artistes à part entière, au même titre que les poètes et les écrivains. De la Renaissance italienne à nos jours, les siècles passent mais les thématiques reviennent, certes à propos d’un art différent – le cinéma – dont Canudo dès les années 1920 affirmait qu’il était la synthèse de tous les arts -; un art qui justement invite à tout repenser, tant il nécessite la collaboration de métiers et de champs disciplinaires différents.

Film après film, page après page, la dimension artistique du travail technique sur l’image opéré par Darius Khondji s’impose. L’auteur affirme même l’existence d’un style propre à Darius Khondji : « Je ne suis […] pas le seul à remarquer certaines tendances dans sa façon de faire les images et d’éclairer, depuis sa prédilection pour les noirs et les ombres jusqu’à son utilisation du doré et autres lumières chaudes pour ponctuer un plan » (p. 13) ; thèse à laquelle Darius Khondji oppose une approche plus pragmatique, déclarant être à chaque fois au service d’un film et d’un réalisateur et trouver des solutions propres à une histoire et à une esthétique spécifiques.

Et si ces deux vues n’étaient pas si incompatibles qu’elles n’y paraissent ? Le débat, captivant, ne cesse d’être relancé chapitre après chapitre, dans cet ouvrage construit à la manière d’une enquête. Il est vrai qu’en revoyant les films dans lesquels Darius Khondji a été impliqué, un air de famille se constate ; chaleur dorée de l’image, atmosphères jaunes-rouges, densités de noir et blanc, art du contraste. Il apporte ainsi à certains scénarios une vision profondément originale qui aboutit à l’émergence d’un univers plastique singulier et marquant pour le spectateur, à contre-courant parfois de ce qui est attendu pour un genre donné. Les propos de Jean-Pierre Jeunet sont à ce sujet très éclairants. Revenant sur Delicatessen (1991), il déclare : « Sur ce film, il a eu l’idée presque révolutionnaire de tourner avec des couleurs chaudes alors que ce genre d’histoire aurait d’ordinaire impliqué des tons beaucoup plus froids » (p. 93).

La capacité des images de Darius Khondji à frapper l’œil et la mémoire du spectateur se vérifie dans bien des films, comme le montre l’exemple de The Immigrant (2013) de James Gray. Nous avions découvert ce long-métrage lors de sa présentation à Cannes – sans en connaître par avance le générique, placé intégralement à la fin. Si le scénario et surtout le développement des personnages pouvaient, de notre point de vue, laisser le spectateur sur sa faim, les images, en revanche, avec leur luminosité singulière, provoquaient une impression forte : la statue de la Liberté se détachant d’un horizon sépia/orangé ; l’atmosphère rouge-jaune pour rendre la réalité d’espaces intérieurs éclairés à la lampe ou à la bougie dans les années 1920 ; la scène dans l’église avec les cierges et les ondes lumineuses passant à travers les vitraux ; la lumière froide et grise de l’eau et du ciel pendant la traversée vers Ellis Island et cet incroyable plan final, où lumières intérieures et extérieures se mêlent : on y voit, à travers une lucarne fermée par des barreaux, l’héroïne et sa sœur s’éloigner de l’île en bateau tandis que le héros, à la moralité ambiguë, quitte la pièce ; sortie du personnage dont un miroir permet au spectateur d’être le témoin. Tous ces éléments mêlant intérieur, extérieur et reflet se fondent dans un seul et unique plan, où la lumière fait office de synthèse en réunissant, une dernière fois, des personnages dont les destinées se poursuivent dans des directions opposées.

Les exemples pourraient se multiplier à l’infini tant ce livre représente une invitation au voyage ; voyage dans des univers filmiques, des horizons, des ambiances mystérieuses ou chaleureuses : polaroids dans New York frappés d’inquiétante étrangeté ; désert de Mauritanie entre chien et loup  ; photos de tournage en Italie ou de repérage aux États-Unis… Partout émane un sentiment de curiosité et de générosité du regard ; le plaisir des rencontres, des croisements, des synesthésies. Le lien entre peinture et cinéma participe d’une telle gourmandise intellectuelle : des peintres de la Renaissance italienne en passant par Edward Hopper ou par les clairs-obscurs du Caravage. Un œil nourri est un œil bien averti et capable de mettre son expertise au service d’un projet. Le brassage des références et la fertilité des échanges lors de la préparation des tournages comme celui de Seven (1995) s’y avèrent primordiaux et ouvrent là encore des pistes de réflexion fertiles. Enfin il est aussi question du numérique dans cet ouvrage qui tord là encore le cou à certaines idées-reçues : « Avec le numérique, on peut ajouter tout le grain ou le contraste qu’on veut. Je n’ai rencontré aucun problème pour faire en numérique ce que je faisais avant sur pellicule » affirme Darius Khondji.

Conversations avec Darius Khondji de Jordan Mintzer est donc un livre important et éclairant à tous points de vue. En ce mois de mai où les amoureux de cinéma se voient privés de festival de Cannes et de salles obscures, il constitue l’antidote au spleen et relance délicieusement le moteur de la caméra… et celui de l’imagination.

Jean-Baptiste & Raphaël Chantoiseau

La rédaction de Bien en place a eu le privilège d’être photographiée par le maître des ombres et de la lumière, Darius Khondji… devant  La Porte de l’Enfer au musée Rodin ! Puis l’ange a posé entre les deux démons, grâce à la complicité de Marianne Khondji. Nous les en remercions tous deux infiniment.

Bien en place avec Brigitte Macron et Bettina Rheims !

Il y a 3 ans jour pour jour, le 7 mai 2017, Emmanuel Macron devenait le 8e Président de la République sous la Ve République. A cette occasion, retour en images sur la rencontre de Bien en place avec Brigitte Macron, le 8 février 2018, au château de Vincennes.

 

 

Dans ce haut lieu de l’histoire de France, Bettina Rheims a exposé des portraits de femmes photographiées en prison. Frontalité, couleur, lumière, regard : grâce à sa maîtrise de la composition, l’artiste a offert un témoignant touchant, humaniste et combattif.

Lors de cette soirée inoubliable, Jean-Baptiste Chantoiseau a pu remettre son premier roman, Robert Mapplethorpe, La chambre blanche (éditions HD) à la première dame de France ainsi que le Guide du musée Rodin, tandis que Raphaël Chantoiseau s’est entretenu avec elle de leurs passions communes pour l’art et le cinéma. Encore un moment « Bien en place ».

La Rédaction

 

Bien en place avec Keanu Reeves et Alexandra Grant

Que signifie « Bien en place » ? Un goût particulier pour la recherche des moments d’exception, des moments de vibration, de ces moments où les planètes s’alignent, où l’on ne changerait rien, pas un détail, pour rien au monde. Il faut y croire toujours, il faut se battre souvent, et de l’ombre vient la lumière… En cette année 2020, très particulière, la rédaction de Bien en place a décidé de partager en ligne ses plus beaux souvenirs « Bien en place », comme cette inoubliable soirée avec Keanu Reeves et Alexandra Grant en novembre 2017, à l’occasion de leur sublime projet mêlant photographies et poésies : « Shadows ».

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For 2020 we need a new matrix and we need you Keanu Reeves! Incredible memory of a night in Paris with Keanu Reeves and Alexandra Grant for the presentation of their artistic project « Shadows » #keanureeves #alexandragrant #shadows #galeriegradiva #jeanbaptiste_chantoiseau #raphael_chantoiseau #innangelo #bienenplace

2019, année Barbara Hepworth

Le musée Rodin a consacré en 2019 une exposition événement à Barbara Hepworth (1903-1975) ; artiste anglaise méconnue et qui a pourtant révolutionné la sculpture au XXe siècle. C’est la première fois qu’une rétrospective lui est dédiée à Paris, grâce au concours remarquable de la TATE et de l’Hepworth Estate.

   

Le parcours de l’exposition a permis de mieux comprendre les liens profonds entre Barbara Hepworth et la France mais aussi sa reconnaissance internationale, très importante au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le visiteur pouvait ensuite découvrir, dans une deuxième section, une reconstitution de l’atelier de l’artiste ; une myriade de photographie permettant aussi d’appréhender son rapport aux matériaux et ses techniques de création. Son attrait pour le bio-morphisme et pour la nature s’illustrait dans de précieuses lithographies tandis qu’un documentaire plongeait le visiteur dans l’univers de St-Yves et de ses environs. De fait, le paysage et l’espace ont toujours joué un rôle de premier plan dans la sculpture de Barbara Hepworth. La dernière salle enfin, telle une authentique « forêt », rassemblait une multitude d’œuvres, donnant une vue d’ensemble de son incroyable créativité, sur une multitude de supports dont son matériau de prédilection : le bois.

Le mercredi 30 octobre 2019, a eu lieu le vernissage de l’exposition,  en présence des commissaires de l’exposition – Catherine Chevillot, directrice du musée Rodin, Sara Matson, conservatrice à la Tate – de Sophie Bowness, ayant-droit de l’artiste ainsi que de la directrice de la TATE St Yves, Anne Barlow. De très nombreux ami(e)s de Bien en place étaient aussi présents ! Retour en image sur cette inoubliable soirée.

 

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Le catalogue de l’exposition a été coréalisé par Jean-Baptiste Chantoiseau pour le musée Rodin et par Lore Gauterie pour les éditions Infine.

 

Il était en lice pour le prix CatalPa 2019 le 15 novembre 2019. A la cérémonie de remise organisée à la mairie du 3e arrondissement, nous avons pu rencontrer, entre autres, Catherine Meurisse.

 

Enfin la Community Association de l’UNESCO, pour la 40e session de la Conférence générale (12-27 nov 2019), a pu visiter l’exposition au musée Rodin avec Jean-Baptiste Chantoiseau.

Extrait du discours de Catherine Chevillot pendant le vernissage :

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La rédaction de Bien en place.

Markus Lüpertz et Luis Marsans ou le Temps retrouvé de Yerres

 

Yerres ou les plaisirs du « temps retrouvé » ! L’année 2019 a été marquée, à la propriété Caillebotte de la ville, par deux expositions événement auxquelles Bien en place a assisté : « Markus Lüpertz » (13 avril – 8 septembre 2019) et « Luis Marsans. Le temps suspendu » (19 septembre – 17 novembre 2019.

Retour sur deux univers artistiques pluridisciplinaires caractérisés par une veine expressionniste ou poétique offrant au regard une promenade sensorielle captivante.

 

Expression et figuration au fil de l’œuvre de Markus Lüpertz

 

Avec une cinquantaine de peintures, des dizaines d’œuvres sur papier et des bronzes répartis dans le parc de la villa Caillebotte, l’exposition « Markus Lüpertz » a offert un remarquable aperçu du travail de cet artiste allemand qui, depuis les années 1960 et avec une multitude de matériaux et supports, contribue à enrichir toujours plus avant l’art expressionniste figuratif. Loin des modes abstraites ou du pop art de l’ère contemporaine, l’artiste privilégie un dialogue avec les formes et les figures les plus classiques de l’histoire de l’art, qu’il se plaît à déconstruire et à reconstruire en une série de jeux créatifs où le rapport au corps et à la sensation est surinvesti.

En variant les échelles, en grossissant des fragments de corps ou encore par le recours à la couleur, il explore le potentiel expressif de la sculpture. Son monumental Homme qui marche prolonge un topos classique (Rodin, Giacometti…), tout en lui conférant une dimension héroïque comme s’il s’agissait d’écrire une mythologie moderne.

De même ses peintures exacerbent la puissance pulsionnelle de la couleur, redoublée par un sens du mouvement qui leur confère une indéniable dimension spatiale. D’autres séries, déployant un univers aux tonalités gris taupe, vert foncé ou jaune-verdâtre, mettent en scène des jeux de superposition, d’opposition ou de synthèse formelle, comme si le champ de la peinture devenait un terrain de rencontre sismique propre aux glissements sémantiques.

 

L’équipe de Bien en place a eu le plaisir de rencontrer l’artiste, au style et à la personnalité inimitables, et d’assister au vernissage, qui a rencontré un très grand succès public en présence notamment du maire M. Olivier Clodong, de Mme Valérie Dupont-Aignan, directrice de la Propriété Caillebotte et de Dominique Renonciat, déléguée à la culture. La galeriste et amie de Markus Lüpertz, Suzanne Tarasiève, était aussi présente à cette belle et inoubliable journée.

 

Les sirènes proustiennes de Luis Marsans

L’automne est une saison qui s’accorde à merveille avec l’œuvre poétique de Luis Marsans, qui fut précisément présentée à partir de septembre à l’Orangerie de la Propriété Caillebotte. Façades d’immeubles, fenêtres et barrières, dans ses dessins sur carton ou sur papier, mettent le spectateur face à un seuil protégeant une douce intimité; intimité que d’autres de ses créations révèlent, comme ses dessins érotiques à la touche rodinienne étonnante.

Telles des natures mortes, bouquets et compositions florales se détachent sur un fond de partition musicale, manière pour le peintre d’orchestrer une synesthésie, une rencontre fusionnelle entre les arts chantée par Baudelaire puis explorée par Marcel Proust. Le dialogue entre Luis Marsans et À la recherche du temps perdu fait surgir une floraison d’images poétiques où les couleurs pastels et l’équilibre de la composition invitent à une rêverie paisible. Il en va de même pour ses magnifiques paysages vénitiens, nimbés d’une lumière propre à diluer les contours et à prolonger les fantasmatiques perceptions proustiennes. Il faut enfin signaler le très beau catalogue de l’exposition, avec une introduction de Marc Fumaroli et un rappel, par Juan Manuel Bonet, du parcours singulier de Luis Marsans qui n’aura cessé de se frotter à une multitude d’univers et d’influences diverses, du surréalisme à Nabokov en passant par Munch, comme poussé par la recherche de cette essence des êtres et des choses par le prisme de l’art, quête qui fut aussi celle de Proust, son alter ego devant l’éternel.

Ilona Orel, Raphaël et Jean-Baptiste Chantoiseau, Katya Solotsinskaya au vernissage de l’exposition « Luis Marsans. Le temps suspendu », le 18 septembre 2019.

 

La rédaction de Bien en place.