FESTIVAL DU CINÉMA AMÉRICAIN DE DEAUVILLE 2026 : NOS COUPS DE CŒUR

Par Alexandre LEBRAC

Cette année encore, le Festival du Cinéma Américain de Deauville nous aura offert une sélection éclectique et audacieuse. Outre le plaisir de (re)découvrir La Porte du Paradis, Gremlins 2, Bienvenue à Gattaca, Docteur Folamour ou encore Il était une fois en Amérique, cette 52ème édition était surtout l’occasion de se plonger dans un grand bain de nouveautés.

En voici un bref aperçu à travers nos 10 principaux coups de cœur.

CLUB KID

Remarqué à Cannes et désormais à Deauville, où il aura remporté le Grand Prix et le Prix du public, Club Kid est sans conteste l’un des trésors de cette édition 2026.
Première réalisation de Jordan Firstman, le film met en scène ce dernier dans la peau de Peter, new-yorkais gagnant sa vie en organisant des soirées branchées où la drogue (que lui-même consomme allègrement) circule en abondance… et dont le quotidien se trouve chamboulé par l’irruption d’un fils de 10 ans dont il ignorait l’existence.

Portrait d’un homme-enfant poussé à grandir par ce fils clairement plus adulte que lui, Club Kid brille non seulement par sa sensibilité mais aussi et surtout par les nombreux moments légers et comiques qu’il comporte, ceux-ci insufflant à l’ensemble une exceptionnelle fraîcheur tout en évitant l’excès de pathos. Cet équilibre et la grande justesse de sa narration permettent ainsi à Jordan Firstman de traiter les notions de filiation et de quête existentielle de façon réaliste, touchante et jamais rébarbative, mais aussi de dépeindre sans jugement ni complaisance les ravages de la toxicomanie et le caractère banal qu’elle revêt trop souvent, notamment dans les milieux tenant lieu de toile de fond au film.

À la fois comédie de duo et récit d’une rédemption, servi par une réalisation léchée et porté par un casting sans faute – de Jordan Firstman lui-même au jeune Reggie Absolom, en passant par Diego Calva et Cara Delevingne – Club Kid s’impose comme un bijou d’humanisme à la portée universelle : en témoigne son accueil en festival, en espérant que sa sortie prochaine en salles lui offrira le succès commercial qu’il mérite.

PARTY USA

Autre révélation parmi les plus percutantes de cette édition, Party USA, premier long-métrage de Jared Sprouse, plonge son spectateur dans l’histoire de Taylor (interprétée par Ainsley Seiger). Prise entre un travail détestable à tout point de vue et une famille ne sachant que se faire entretenir par elle, la jeune femme voit sa vie basculer lorsqu’un petit mot de trop la pousse à tuer son insupportable supérieure hiérarchique et en cacher le cadavre avec l’aide de son compagnon…

Comédie grinçante en diable et satire sociale sans concession – la tension et le malaise y sont aussi palpables que contrebalancés par d’excellents traits d’humour noir – le film s’illustre autant par sa mise en scène que par son écriture. Il est en effet probant de constater avec quelle aisance Party USA permet au spectateur de comprendre Taylor – qu’à aucun moment on ne souhaite voir rattrapée par la justice – alors même que la qualité de ses décisions ne fait que chuter à mesure que les imprévus s’accumulent, et ce jusqu’à ce que ses instincts les plus profonds la poussent à sombrer dans la monstruosité la plus totale, pour un final aussi effrayant que jubilatoire.

Commentaire évident sur les mythes et travers de la société américaine – avec l’aliénation dans le monde du travail, la réussite aussi encouragée qu’entravée par les proches, la négligence des autorités lorsqu’un anonyme disparait et plus globalement le mirage du rêve américain – Party USA s’avère haletant et cruel mais aussi désopilant et d’une très grande pertinence. Une réussite.

TEST

Dans un autre style, Test de Sam McConnell relate le parcours d’Eddie (joué par Brock Yurich, également auteur du scénario). Bodybuilder amateur vivant avec sa mère bigote et alcoolique, celui-ci vit en dissimulant son homosexualité lorsqu’un coach attire son attention et accepte de l’entraîner…

Inspiré de l’expérience personnelle de Brock Yurich en tant que bodybuilder, Test, dont le titre est en partie inspiré du mot « testostérone », s’illustre en premier lieu par son élégance visuelle et son efficacité dramaturgique. On y trouve ainsi le portrait saisissant d’un homme prisonnier de ses traumatismes et de la pression sociale dont il est l’objet (à travers sa mère, sa communauté religieuse ou même des amis qu’il craint de décevoir). Outre cet aspect, la grande réussite du long-métrage tient à son absence totale de fausse pudeur le conduisant à montrer aussi bien de superbes scènes de tendresse ou de nudité (jamais racoleuses) que le spectacle bien plus dur du « dopage ordinaire » (condition sine qua non pour prétendre au métier de bodybuilder), de la violence, sourde ou assumée à l’encontre d’Eddie, du mal-être individuel du personnage ou encore du poids des conventions. Un spectacle fort, réaliste et superbement incarné.

FAYE

Invitée d’honneur de cette 52ème édition – ainsi que Susan Sarandon, Ethan Hawke et Brendan Fraser – Faye Dunaway était aussi l’objet d’un documentaire sorti en 2024 et diffusé à Deauville pour l’occasion.

Réalisé par Laurent Bouzereau à partir d’extraits de films, d’archives photographiques et télévisuelles et surtout d’entretiens filmés avec la star et son fils Liam, Faye revient en 90 minutes sur l’extraordinaire carrière de Faye Dunaway, des chefs-d’œuvre dont elle fut la vedette (Bonnie and Clyde, Chinatown, L’Affaire Thomas Crown, Network et tant d’autres…) à son statut de légende vivante en passant par ses échecs (Mommie Dearest, Supergirl…) mais aussi sa vie personnelle, sa santé mentale et sa réputation (assumée) de diva capricieuse.

Comportant également des interventions de Sharon Stone, Jerry Schatzberg, Mickey Rourke ou Mara Hobel, le long-métrage, jouissant d’un excellent montage, de la pertinence de sa narration et par-dessus tout de la franchise de ses intervenants – Faye Dunaway en tête, cette dernière reconnaissant volontiers avoir un tempérament difficile – résume de manière ludique le parcours hors-normes d’une actrice à la filmographie exceptionnelle, mais surtout d’une femme complexe et fascinante. Un portrait tout en nuances, inspiré et passionnant.

GREMLINS : L’AMÉRIQUE PARASITÉE

Côté documentaire toujours, Gremlins : l’Amérique parasitée offrait, en attendant sa diffusion prochaine sur Arte, un résumé complet et concis (52 minutes) de l’Histoire des films Gremlins (1984) et Gremlins 2 : la nouvelle génération (1990).
Constitué d’archives, d’une narration en voix-off et d’entretiens avec les cinéastes Joe Dante et John Landis, le producteur Michael Finnell et l’actrice Haviland Morris (inoubliable Marla dans Gremlins 2) le film, réalisé par Adrien Dénouette, revient en détail sur les conditions de naissance du premier long-métrage – de son développement compliqué à son succès commercial fracassant – et de sa suite, mais également sur tout ce que ses films disent de l’être humain et plus particulièrement de l’Amérique (ceux qui l’ignorent découvriront ainsi que ces films traitaient, avec un humour ravageur et de manière parfois quasi-explicite, de sujets aussi divers que la face cachée des choses, les années Reagan, Donald Trump, la foi aveugle en la technologie ou encore notre rapport à la violence).
Tour d’horizon jubilatoire pour peu qu’on aime la saga, Gremlins : l’Amérique parasitée – qui tire son titre du fait qu’avant les films de Joe Dante, les Gremlins étaient des lutins qu’une légende urbaine accusait de causer des défaillances techniques ou des accidents d’avions – est le moyen idéal de tester ses connaissances sur ces deux incontournables des années 80 et l’assurance d’avoir très vite envie de les revoir, tant pour leur drôlerie inégalable que pour la pertinence toujours intacte de leur propos.

DERNSIE : THE AMAZING LIFE OF BRUCE DERN

Premier long-métrage documentaire de Mike Mendez, surtout connu jusque-là pour ses films de genre, Dernsie : The Amazing Life Of Bruce Dern relate la vie et la carrière de Bruce Dern.

Articulé autour d’entretiens avec ce dernier mais aussi avec sa fille Laura et d’autres intervenants parmi lesquels Quentin Tarantino, le film revient à l’aide d’archives et de confidences, sur le parcours de son protagoniste, de ses débuts – chez Elia Kazan, Alfred Hitchcock, Roger Corman ou Hal Ashby – à la reconnaissance obtenue sur le tard, en passant par ses innombrables rôles de méchant et son amour de la course à pied.

Tenant autant au charme de son sujet qu’à l’ampleur de sa filmographie, Dernsie : The Amazing Life Of Bruce Dern brosse ainsi le portrait tendre et profondément émouvant d’un homme rendu inarrêtable, toute sa vie durant, par l’amour de son métier – et de la course.

Un documentaire drôle et touchant sur un acteur passionné doublé d’un homme profondément libre.

HERE I’M ALIVE

Dans un registre fictionnel mais largement inspiré par le documentaire, Joshua Z. Weinstein (prix du Jury en 2017 pour Brooklyn Yiddish) revenait à Deauville avec le choral et très new-yorkais Here I’m Alive.

Inspiré notamment de Short Cuts, Magnolia et After Hours, ce nouveau long-métrage nous plonge pour une nuit dans la vie d’un ermite des temps modernes – refusant de sortir de chez lui et préférant voir le monde à travers son écran d’ordinateur – d’un apprenti gigolo en quête d’un sugar daddy, d’un livreur en situation irrégulière et d’une jeune fille espérant faire fortune en devenant productrice de télé-réalité…

Récit de rêves brisés et portrait de personnages en proie à leurs illusions – tous ont en commun de confondre la réalité et le monde virtuel, que ce soit en y voyant un moyen de simplifier les rapports humains ou, plus généralement, en s’imaginant que la vie oisive promue par les réseaux sociaux constitue un objectif sain et atteignable – Here I’m Alive s’avère, malgré son cynisme et la nature tragique de ses personnages, amusant – Joshua Z. Weinstein parle d’une « comédie à l’humour typiquement new-yorkais » – et d’une grande poésie.

Interprété par des comédiens non-professionnels repérés dans la rue, le résultat s’avère criant de vérité et totalement immersif, ce que renforcent notamment le choix d’une musique toujours « in » et la précision du montage ne laissant apparaître aucun élément superflu.

Un moment suspendu entre rêve et réalité au coeur de la nuit new-yorkaise.

TEENAGE SEX AND DEATH AT CAMP MIASMA

Présenté à Deauville en avant-première après avoir remporté la Queer Palm à Cannes, Teenage Sex And Death At Camp Miasma de Jane Schoenbrun relate la rencontre entre une jeune cinéaste passionnée (Hannah Einbinder) chargée de relancer la franchise de slasher Camp Miasma (couronnée de succès dans les années 80 mais largement galvaudée depuis par des suites trop nombreuses et bâclées) et l’actrice du premier film de la saga (Gillian Anderson) vivant recluse depuis des années. Attirées l’une par l’autre, les deux femmes entament un long voyage mental fait de paranoïa, de symboles et surtout de désir.

Véritable délire grand-guignol rendant hommage au cinéma de genre à grand renfort de références et d’esthétique au deuxième degré, Teenage Sex And Death At Camp Miasma, s’il s’avère souvent d’une lourdeur absolument indigeste, vaut néanmoins d’être vu ne serait-ce que pour son dénouement et son étonnante morale. Réflexion sur l’excès de réflexion – dans notre société en général et plus particulièrement en l’occurrence chez les jeunes cinéphiles – le film semble en effet osciller en permanence entre sa volonté de repousser les limites du méta et le fait que ses deux héroïnes trouvent justement leur épanouissement dans l’absence d’intellectualisation et l’exploration pure et simple de leurs désirs charnels. Une contradiction d’autant plus intéressante qu’elle n’atteint son point d’équilibre qu’à la fin du récit lorsque, par une très belle pirouette, un cliché bien connu du genre horrifique se retrouve transformé en motif de comédie romantique, pour un final malin et euphorisant, confirmant du même coup le véritable sujet du film.

Un exercice de style souvent maladroit mais ponctué de très belles trouvailles et largement renforcé par la performance de Gillian Anderson.

THE LIBERATION OF RITA COOPER (THE LIBERATION)

Dans un registre autrement plus dramatique, le dernier opus de Guy Nattiv (dont le film Golda fut également projeté à Deauville en 2023) The Liberation Of Rita Cooper (The Liberation) narre l’entrée de Rita, sa protagoniste, dans une secte de femmes durant les années 1980 et les efforts de ses deux filles pour l’en faire sortir, quelques années plus tard.

Thriller haletant à la distribution impeccable – on retiendra particulièrement Carrie Coon, aussi pathétique que touchante dans la peau de Rita Cooper, face à une Lily James édifiante et brillamment odieuse dans son rôle de gourou – et à la narration alternant passé et présent, The Liberation Of Rita Cooper s’avère non seulement irréprochable sur le plan technique mais aussi d’une extrême justesse dans sa description des dérives sectaires et des rapports d’emprise. En résulte un spectacle souvent douloureux à voir mais très réussi et ô combien nécessaire.

Un long-métrage sensible, terrifiant et pleinement maîtrisé.

STOP ! THAT ! TRAIN !

Également présenté à Deauville en avant-première, Stop ! That ! Train !, produit par RuPaul, mettant en scène plusieurs drag queens issues de l’émission RuPaul’s Drag Race et mis en scène par Adam Shankman (réalisateur, entre autres, du film musical Hairspray de 2007) était sans doute l’une des découvertes les plus réjouissantes de cette édition.
Le spectateur y accompagne Tess et Deedee, deux amies tout juste nommées hôtesses à bord du luxueux train à grande vitesse « Glamazonian Express ». Alors qu’une tornade menace de le faire dérailler, l’équipage tente d’éviter le pire, aidé notamment par la Présidente des États-Unis (incarnée par RuPaul en personne) et son équipe. 

S’inscrivant directement dans la lignée des ZAZ – on pense tout particulièrement à Y a-t-il un pilote dans l’avion ? dont il reprend la structure de faux film catastrophe – Stop ! That ! Train ! s’impose dès ses premières images comme une authentique comédie parodique à l’ancienne, additionnée de références (dans son intrigue, ses dialogues et bien sûr son casting) à l’univers de Drag Race.

Joyeux et coloré – on notera l’opulence des décors et des costumes, personnages à part entière du film – le long-métrage, s’il renferme évidemment une dimension politique indiscutable – personne ne peut prétendre qu’une comédie jouée par des drag queens et montrant RuPaul en présidente des États-Unis serait anodine dans l’Amérique de 2026 – surprend et brille par sa légèreté assumée, choisissant délibérément de ne jamais se prendre au sérieux et laissant au second plan un sous-texte au demeurant limpide afin de privilégier ses gags et sa folie douce.

Or en ces temps si anxiogènes, une telle déclaration d’amour à un cinéma sans naïveté mais purement loufoque (une combinaison bien trop rare) fait l’effet d’une bouffée d’oxygène inespérée.

Une comédie déjantée et malicieuse comme on aimerait en voir plus souvent.

ALEXANDRE LEBRAC

Arles 2026 : les images qui nous ont marqués

Parmi les nombreuses expositions présentées cette année, certaines retiennent particulièrement l’attention. Non pas nécessairement parce qu’elles racontent les histoires les plus spectaculaires, mais parce qu’elles provoquent quelque chose chez le spectateur avant même que celui-ci ait cherché à les comprendre.

C’est peut-être le meilleur fil conducteur pour découvrir cette sélection : des photographies qui font naître une émotion avant de raconter une histoire.

Thato Toeba, ou le spectateur face à son propre reflet

Avec Tout le monde peut être Lucifer, Thato Toeba propose une expérience qui dépasse rapidement la simple observation des images.

Mais l’exposition fonctionne aussi comme un piège.

À force de chercher un sens dans les images, le spectateur finit par y projeter ses propres interprétations. Les collages deviennent alors une forme de miroir.

Le titre Tout le monde peut être Lucifer renforce cette impression. Qui est Lucifer ? Un personnage, une figure symbolique ou une part de chacun de nous ?

L’exposition ne donne pas nécessairement de réponse. Elle invite plutôt à se confronter à ce que l’on voit et à ce que l’on projette dans l’image.

Martine Barrat, un autre visage de New York

Avec Martine Barrat, c’est un autre monde qui apparaît.

Soul of the City montre un New York très éloigné de l’image familière construite par les films, les séries et les cartes postales. Ici, la ville est avant tout faite de personnes, de quartiers, de relations et de vies quotidiennes.

La force de son travail réside notamment dans la proximité avec les personnes photographiées. Barrat ne semble pas simplement observer ses sujets : ses photographies donnent le sentiment d’avoir été réalisées depuis l’intérieur de leur monde.

Les contrastes sont partout. Dans les images, mais aussi dans les réalités qu’elles montrent : la force et la fragilité, la violence et la tendresse, la fête et la difficulté.

Le travail consacré à la boxe, notamment réuni sous le titre Do or Die, illustre particulièrement cette énergie.

À travers ces photographies, New York devient moins une ville à regarder qu’un monde dans lequel entrer.

Harry Gruyaert et la géométrie de la rue

Chez Harry Gruyaert, la rue devient un espace de composition.

Dans A Sense of Place, les photographies attirent par leurs géométries, leurs couleurs et leur organisation extrêmement précise.

La photographie de rue repose pourtant sur l’imprévu. Les passants, les véhicules, les ombres et la lumière changent constamment.

Gruyaert parvient à saisir ces éléments dans des instants où tout semble soudain parfaitement ordonné.

Ses images donnent ainsi une impression paradoxale : elles sont issues du hasard, mais semblent avoir été composées à l’avance.

C’est cette capacité à transformer une situation quotidienne en une construction visuelle particulièrement maîtrisée qui rend son travail remarquable.

Ming Smith : photographier avec l’instinct

Avec Ming Smith, le rapport à la maîtrise est différent.

Dans Lueur nomade, le mouvement, le flou et la douceur deviennent des éléments essentiels des images.

Le flou n’est plus simplement l’absence de netteté. Il devient une manière de traduire une sensation, un mouvement ou une présence.

Ses photographies donnent parfois l’impression d’avoir été prises dans un état de disponibilité totale, comme si l’instinct prenait le dessus sur la volonté de contrôler chaque détail.

Une manière de rappeler que la photographie ne consiste pas toujours à arrêter parfaitement le monde.

Elle peut aussi chercher à conserver la sensation d’un instant.

Flower Power : quand les fleurs prennent feu

Flower Power réserve également quelques images particulièrement surprenantes.

Parmi elles, les fleurs en feu de Jiang Zhi.

La fleur est traditionnellement associée à la beauté, à la fragilité ou à l’amour. La voir brûler produit immédiatement un contraste saisissant.

Le symbole devient ambigu.

La beauté rencontre la destruction, la délicatesse rencontre la violence.

L’image évoque une véritable love story racontée avec du feu.

C’est justement cette simplicité apparente qui rend la photographie efficace : une fleur suffit pour ouvrir plusieurs histoires possibles et modifier complètement notre manière de regarder un symbole que nous pensions connaître.

Pentti Sammallahti, la poésie du hasard

Avec Pentti Sammallahti, la photographie prend parfois une tournure beaucoup plus légère.

Ses images sont empreintes de poésie, mais aussi d’un humour discret.

Un animal, un passant, un geste ou une situation inattendue suffit parfois à transformer une scène ordinaire en moment presque absurde.

Tout semble s’être parfaitement aligné pendant une fraction de seconde.

Le photographe était là.

Cette photographie du « moment parfait » rappelle une dimension essentielle de la photographie de rue : savoir regarder suffisamment longtemps pour laisser le hasard produire quelque chose.

Chez Sammallahti, le monde semble parfois avoir un sens de l’humour particulier.

Rinko Kawauchi et Tokuko Ushioda : les petits changements de la vie

From Our Windows, de Rinko Kawauchi et Tokuko Ushioda, propose une approche plus douce et intime.

Les photographies s’intéressent notamment à l’enfant et à tout ce qui entoure les premiers moments de sa vie : les gestes, les objets, les espaces domestiques et les scènes du quotidien.

À travers ces détails apparaît quelque chose de beaucoup plus vaste : la transformation d’une vie.

L’arrivée d’un enfant modifie les habitudes, le rapport au temps, l’organisation de la maison et la manière de regarder le quotidien.

L’exposition montre cette transformation sans avoir besoin de grands événements.

Quelques gestes ordinaires peuvent suffire à raconter un bouleversement immense.

Une photographie qui commence par une émotion

Ces photographes proposent des univers très différents.

Les collages de Thato Toeba interrogent notre propre regard. Martine Barrat nous plonge dans un New York intime. Harry Gruyaert transforme la rue en composition. Ming Smith privilégie l’instinct et le mouvement. Jiang Zhi détourne l’image de la fleur pour créer un contraste inattendu. Pentti Sammallahti trouve de la poésie dans les accidents du quotidien. Rinko Kawauchi et Tokuko Ushioda observent les transformations silencieuses de la vie.

Ce qui les rapproche n’est donc pas un style ou une technique.

C’est plutôt une manière de faire fonctionner l’image avant même que le spectateur ait besoin d’en connaître toute l’histoire.

Une photographie peut faire sourire.

Elle peut déranger.

Elle peut intriguer.

Elle peut rappeler quelque chose que l’on avait oublié.

Elle peut simplement donner envie de rester devant elle quelques secondes de plus.

Et c’est peut-être l’une des grandes forces des Rencontres d’Arles : permettre de découvrir non seulement de nouvelles photographies, mais aussi de nouvelles manières de raconter avec une image.

Pour cette édition 2026, ces quelques expositions constituent en tout cas un excellent point de départ pour se perdre dans le festival — et peut-être découvrir, au détour d’une salle, une photographie que l’on n’était pas venu chercher.

On repart avec de nouvelles façons de raconter.

Et surtout, avec l’envie de regarder encore.

Riccardo Pedica

Top 10 de Bien en place – CANNES 2026

Une sélection excellente pour ce Festival de Cannes 2026 et des choix cornéliens tant pour les longs-métrages à retenir que pour le classement. En tout, l’équipe de Bien en place a vu 37 films cette année.

1- All of a Sudden – Hamaguchi Ryusuke

Virginie Efira (dans le rôle de Marie-Lou) et Tao Okamoto (dans celui de Mari) nous ont emmené dans un voyage profond et saisissant sous la houlette du réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi, dont « Drive My Car » nous avait déjà envoûté. La première est directrice d’un Ehpad, la seconde dramaturge atteinte d’un cancer incurable. Ensemble et au milieu d’un collectif de personnels soignants et de patients âgés, elles vont traverser une inoubliable tranche de vie.

1bis – La Bola Negra – Javier Calvo & Javier Ambrossi

Un vrai choc esthétique, narratif, cinématographique ! Un film qui mérite la Palme d’or absolument pour sa singularité, sa maestria et sa profondeur. Dans cette fresque hispanique mettant en scène trois générations, le passé, le présent et l’avenir résonnent autour du destin d’hommes aimant les amours interdites. La vie et la poésie de Federico García Lorca offrent au film son cœur battant. Puissance d’un souffle épique et sensibilité se marient ici au firmament.

3- Fjord – Christian Mungiu

Le réalisateur roumain maîtrise comme nul autre l’art de la dramaturgie ! En s’intéressant au destin d’une famille catholique traditionnelle tentant de s’intégrer en Norvège, le film pose de nombreuses questions, obligeant chaque camp à un examen de conscience sans vainqueur. Un tour de force à une époque trop souvent manichéenne.

4- Minotaure – Andreï Zviaguintsev

Enfin un film, depuis la Russie, sur la guerre en Ukraine à travers le quotidien d’une famille russe privilégiée, bientôt rattrapée par des dilemmes moraux et éthiques. Affiche d’un soldat héros de guerre glissant sur le sol, signes imperceptibles sur le visage d’une femme adultère, goutte de sang laissée sur une table de salon : le film joue sur les non-dits et la délicatesse des détails pour s’exprimer pleinement ! Du grand art.

5-Coward – Lukas Dhont

On avait hâte de revoir Lukas Dhont dont les trois films ont tous été en compétition à Cannes ! Le nouveau né a tout pour réjouir : singularité de l’histoire ; génie des acteurs ; souffle de la mise en espace avec des scènes de guerre enlevées. Au milieu du désastre, comment se construire un inadmissible cocon amoureux ? Le film apporte une réponse qui substitue l’audace à la lâcheté.

6-Nagi Notes – Fukada Koji

Quelques jours dans la ville de Nagi vont offrir un cadre – les plans fixes sont sublimes, à peine suspendus par quelques rares envolées de caméra – un espace délicat et quasi magique pour faire ressurgir les fantômes du passé et faire parler le désir interdit et qui revient, génération après génération. Ce n’est plus l’art opératoire mais l’art sculptural qui règne à travers une artiste retrouvant une amie de passage, pour quelques jours, et qu’elle va métamorphoser en œuvre en la prenant pour modèle. Dès son arrivée en ville, la revenante est reconnue par un jeune garçon et pour cause : son père, amoureux en secret d’elle, a son portrait dans sa chambre. A l’éveil – tout en silence et en subtilité – homosexuel de deux jeunes garçons, répond le désir trouble entre deux femmes, qui va finir par connaître la lumière ?

7- The Man I Love – Ira Sachs

Dans le New York des années 1980 gangrené par le Sida, Ira Sachs redonne vie et forme à des êtres qu’il a connus et aimés. Il le fait de manière bouleversante en retraçant les amours d’un jeune acteur atteint par le virus et que rien ne pourra sauver. Rami Malek est admirable et mériterait un prix.

8- Paper Tiger – James Gray

C’est un bon festival pour James Gray, qui offre une œuvre classique, certes, mais aux cadrages et à la composition remarquables. Le casting est au top, permettant de partager le quotidien de cette famille new-yorkaise tourmentée par la mafia russe dans les années 1980. Un beau morceau de cinéma, très attachant.

9- Gentle Monster – Marie Kreutzer

Lucy (Léa Seydoux), musicienne qui se livre à des performances lives impressionnantes et modernes en piano-voix, est mariée à Philip (Laurence Rupp) avec qui elle a un enfant de huit ans, Johnny. Les difficultés financières les incitent à s’installer à la campagne, où des scènes d’ouverture idylliques sont tournées, avec une présence marquée des corps et une proximité charnelle entre les trois membres de la famille qui pose question… mais après coup. Ce film aborde les dilemmes parfois sans réponses que pose la pédocriminalité lorsqu’elle en vient à concerner un entourage proche et insoupçonnable. Léa Seydoux est remarquable.

10- Hope – Na Hong-Jin

Ce film d’action au cœur de Cannes est époustouflant par son exécution, son rythme et son humour. Un ovni dans la compétition aussi inattendu que réjouissant.

BONUS : Fatherland – Pawel Pawlikowski

L’art du cadrage à la perfection. Avec une esthétique raffinée à souhait, le réalisateur aborde la vie du grand Thomas Mann, accompagné par sa fille au lendemain du suicide du frère incompris. La froideur et la morgue de cette terre paternelle est saisissante !

COUP DE CŒUR : Jim Queen – Marco Nguyen & Nicolas Athané

Enfin un film Queer à Cannes et qui plus est un film d’animation ! Une soirée inoubliable et survoltée dans le grand théâtre Lumière pour un film joyeux, drôle et irrésistible !

Mention spéciale : John Travolta – Vol de nuit pour Los Angeles

Pour son tout premier film, le légendaire John Travolta revisite son enfance avec sensibilité et nostalgie. Des vols de nuit avec sa mère, d’un avion l’autre, il retient le glamour, les fantasmes et une certaine dose de candeur et de naïveté qui met du baume au cœur.

La rédaction de Bien en place

Et soudain… un monstre au cœur du Festival et deux très beaux films !

Virginie Efira (dans le rôle de Marie-Lou) et Tao Okamoto (dans celui de Mari) nous ont emmené dans un voyage profond et saisissant sous la houlette du réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi, dont « Drive My Car » nous avait déjà envoûté. La première est directrice d’un Ehpad, la seconde dramaturge atteinte d’un cancer incurable. Ensemble et au milieu d’un collectif de personnels soignants et de patients âgés, elles vont traverser une inoubliable tranche de vie.

On se laisse facilement porter et emporter par ce film fleuve (3 h 16), aux dialogues délicats et existentiels. Les deux femmes comprennent qu’elles ont chacune, de leur côté, entrepris un chemin de vie qui leur a permis d’arriver à ce moment-là, celui d’une rencontre. La douceur avec laquelle le réalisateur filme Paris ou les paysages japonais est confondante. Virginie Efira, en charge de son Ehpad, s’efforce de mettre en place un programme, « l’humanitude » pour replacer le temps et les gestes humains au centre de la gestion de son établissement, ce qui n’est pas sans provoquer des résistances de certaines aides-soignantes. Caresses, massages, touchers, jeux en extérieur : ce sont-là des cures d’une valeur inestimable qui doivent permettre de dépasser la froideur des rapports médicaux pour une prise en compte réelle de l’humain.

Beauté des gestes, des paroles ; profondeur du jour et de la nuit ; appel au lâcher-prise : ce film est une leçon de cinéma et une leçon de vie. C’est uniquement lorsque l’on est parfaitement détendu que l’on peut prendre pleinement conscience des potentialités qui s’offrent à soi, en viennent à conclure les deux femmes, devenues viscéralement âmes-sœurs.

Un appel aux valeurs essentielles de la vie et de l’humanisme : beaucoup des films sélectionnés cette année mettent en avant ce message.

Une salle – le théâtre Lumière – mais deux ambiances pourrait-on dire ! Le second film en compétition vu ce jour fut « Gentle Monster » de la réalisatrice autrichienne Marie Kreutzer. Lucy (Léa Seydoux), musicienne qui se livre à des performances lives impressionnantes et modernes en piano-voix, est mariée à Philip (Laurence Rupp) avec qui elle a un enfant de huit ans, Johnny. Les difficultés financières les incitent à s’installer à la campagne, où des scènes d’ouverture idylliques sont tournées, avec une présence marquée des corps et une proximité charnelle entre les trois membres de la famille qui pose question… mais après coup.

En effet, le film bascule rapidement avec l’arrivée de la police qui saisit ordinateurs et disques durs de Philip, qui se révèlera plus tard détenteur et addict de vidéo relevant de la pédocriminalité. Un doute affreux s’installe chez Lucy. A-t-il touché à leur propre garçon ? Jusqu’où est-il allé dans sa perversion et en quoi consiste-t-elle exactement ? Beaucoup de questions et peu de réponses, telle est la dure et insupportable réalité pour Lucy, personnage qui révèle une Léa Seydoux admirable et excellente, entre émotion retenue, animalité, rage et désespoir. Un film éprouvant, qui a le grand mérite de nous plonger au cœur de la complexité de ce genre de situation où le non dit règne en maître. Une manière, grâce au cinéma, de réfléchir et de lever le silence.

La rédaction de Bien en place

A fleur d’âmes et de peaux : « La vie d’une femme » et « Nagi Notes » au Festival de Cannes 2026

BIEN EN PLACE a savouré la délicatesse des deux premiers films en compétition : « La Vie d’une femme » de Charline Bourgeois-Tacquet et « Nagi Notes » du Japonais Fukada Koji.

Ces deux longs-métrages offrent un début de Festival au plus près des émotions et de la subtilité des sensations humaines. Dans des styles très différents, issues d’univers culturels chacun singuliers et spécifiques, ces deux œuvres placent le spectateur au centre des désirs, frustrations, fantasmes humains ; ces films illustrent ces moments de crise et de grâce qui ponctuent toute existence.

Charline Bourgeois-Tacquet ouvre sur un premier plan au plus près de la peau de son héroïne, dans une scène d’orgasme : les corps se mêlent, de très près ; le ton est donné : on ne quittera guère d’une semelle son personnage féminin, superbement incarné par Léa Drucker. Choisir une chirurgienne que les opérations n’effrayent pas est symbolique : la réalisatrice, comme son héroïne, dissèque plan après plan, mais les âmes pour sa part ! Ce ne sont plus « 24 heures dans la vie d’une femme », mais des chapitres thématiques qui se succèdent, dans un ordre chronologique, où tout défile avec doigté : la fatigue du travail, la crise du couple, la mère vieillissante (divine Marie-Christine Barrault), l’amitié déçue, l’expérience homosexuelle, la trahison, les retrouvailles et peut-être l’apaisement ? Et pourquoi pas en Italie ? Un film tumultueux et doux à la fois, où tout parle, tout résonne, avec une mise en scène très fluide et naturelle, à l’image d’un casting irréprochable.

Expériences de la vie et douceur d’un autre film, à l’extrême opposé sur la surface du globe : « Nagi Notes ». Quelques jours dans la ville de Nagi vont offrir un cadre – les plans fixes sont sublimes, à peine suspendus par quelques rares envolées de caméra – un espace délicat et quasi magique pour faire ressurgir les fantômes du passé et faire parler le désir interdit et qui revient, génération après génération. Ce n’est plus l’art opératoire mais l’art sculptural qui règne à travers une artiste retrouvant une amie de passage, pour quelques jours, et qu’elle va métamorphoser en œuvre en la prenant pour modèle. Dès son arrivée en ville, la revenante est reconnue par un jeune garçon et pour cause : son père, amoureux en secret d’elle, a son portrait dans sa chambre. A l’éveil – tout en silence et en subtilité – homosexuel de deux jeunes garçons, répond le désir trouble entre deux femmes, qui va finir par connaître la lumière ?

Merci au festival de Cannes pour ces deux œuvres poétiques et touchantes, qui rebattent les cartes de la féminité et de la masculinité, et surtout ouvrent en grand les portes du rêve et du désir.

La rédaction de Bien en place

Un film d’ouverture électrifiant !

BIEN EN PLACE a été agréablement surpris et diverti par le film très touchant de Pierre Salvadori, « La Vénus électrique », présenté hors compétition en ouverture du Festival de Cannes !

La reconstitution du Paris de l’entre-deux-guerres et de l’univers du cirque est soignée et très convaincante ! Le film met en lumière une galerie de personnages simples et attachants, un peu naïfs sans doute mais ce qui ne fait, paradoxalement, que redoubler leur charme.

Le peintre Antoine, incarné avec bonheur par Pio Marmaï, est en manque d’inspiration et en pleine mélancolie depuis la disparition de son aimée. Mais un beau jour il rencontre une fausse médium, jouée avec la parfaite dose de candeur par Anaïs Demoustier. Avec la complicité d’un galeriste (Gilles Lellouche), qui a hâte que son poulain retrouve ses pinceaux, elle prétend lui offrir la possibilité d’entrer en contact avec la disparue, voire… de la remplacer.

Personnages secondaires réussis, rythme souvent tenu, dialogues piquants, humour et légèreté font du film une belle réussite. Il y a du « Roméo et Juliette » dans l’air, en particulier à la fin. Certes, le scénario aurait pu ménager davantage certains effets de surprise et développer des voies moins courues d’avance pour gagner en originalité mais tel n’était pas le propos : offrir du classique, divertissant et enchanteur. Un film plaisant en somme, sans doute ce dont nous avions besoin pour démarrer le festival !

La rédaction Bien en place.

L’équipe de Bien en place, Raphaël Chantoiseau et Jean-Baptiste Chantoiseau, entourent Pio Marmaï lors de la Cérémonie d’ouverture du 79e Festival de Cannes le 12 mai 2026

CANNES 2026 : 13 ans de Bien en place

C’est reparti : le festival de Cannes version 79e édition ouvre ses portes le 12 mai 2026, jusqu’au 24 mai ! C’est la 13e année de présence pour Bien en place. Une sélection ambitieuse à la clé, avec beaucoup de longs voire très longs métrages – 3 h 16 pour SOUDAIN (All of a Sudden) de Hamaguchi Ryusuke, sept films de plus de 2 h 15… les cinéphiles devant l’éternel vont en avoir pour leur émerveillement !

Franco-Malian actress Eye Haidara poses during a photocall for the « Adami » Jeunes Talent at the 78th edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France on May 20, 2025. French actress Eye Haïdara will host the opening and closing ceremonies of the upcoming 79th edition of the Cannes Film Festival, which takes place in May, according to an announcement by the event’s official partners, France Televisions and Brut. Having made her film debut in « Le Sens de la fete », which earned her the Cesar Award for Most Promising Actress in 2018, the 43-year-old actress succeeds Laurent Lafitte, who hosted the event on the Croisette in 2025. (Photo by Valery HACHE / AFP)

La maîtresse de cérémonie cette année est la talentueuse Eye Haidara que l’on a adoré dans « Le sens de la fête » d’Eric Toledano et Olivier Nakache, deux réalisateurs que nous admirons profondément.

La rédaction de Bien en place

Une année 2026 BIEN EN PLACE

Une fin d’année en LEGEReté et une début d’année en gravité avec tous les enjeux et espoirs de 2026 qui s’annoncent cruciaux pour le monde. More than ever nous aurons besoin de culture, de littérature, de créations, de résistance pour passer le cap des mois à venir. Hanter les cinémas, visiter les musées, dévorer de nouveaux auteurs, écrire à la folie, fêter la vie en ces moments les plus inattendus : c’est tout ce que BIEN EN PLACE vous souhaite. Restons connectés pour les événements et actualités et rejoignez notre association !

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Meilleurs vœux pour un 2026 littéraire et muséal

Merveilleuse année muséale, littéraire, créative ! Venez dans les musées littéraires Rouen Normandie ! Tout au long des mois à venir, Flaubert, Corneille, le dessinateur Rochegrosse, Zola (photographe !), Thomas Corneille et la réouverture de la Maison natale Pierre Corneille vous attendent, parmi d’autres délices ! #rouen #museeslitteraires #flaubert #corneille #jeanbaptiste_chantoiseau

Exposition « Dessiner Flaubert : Rochegrosse » à découvrir à Rouen, au musée Flaubert et d’histoire de la médecine, 51 rue Lecat, près de l’hôtel de préfecture, jusqu’au 24 mai 2026 !

Exposition « Zola Photographe », dans le cadre du Bicentenaire de la photographie, à visiter au Pavillon Flaubert de Croisset, en bord de Seine et à 5-10 minutes en voiture de Rouen, entre le samedi 2 mai 2026 et le dimanche 27 septembre 2026. Ouvert les samedis et dimanches en mai, juin et septembre, de 14 h. à 18 h. ET du mercredi au dimanche, 14 h. – 18 h., en juillet – août.

Prolongation de l’exposition « L’Autre Corneille : Thomas » à la Maison des Champs Pierre Corneille de Petit-Couronne jusqu’aux journées du patrimoine et du matrimoine qui auront lieu les samedi 19 septembre et dimanche 20 septembre 2026.

Réouverture de la Maison natale Pierre Corneille, 4 rue de la Pie, dans le centre ville de Rouen, lors d’un week-end festif les samedi 6 et dimanche 7 juin 2026.

« Cruel Games: Flaubert and the Melancholy of Childhood » – conf. by Dr. Jean-Baptiste Chantoiseau

Excerpts from my conference « Cruel Games: Flaubert and the Melancholy of Childhood. » for the 51st Annual Nineteenth-Century French Studies Colloquium, Oct. 30 – Nov. 1, 2025, Reno, Nevada. Flaubert’s youth, his first writings and the representations of childhood in his novels were my main subject of study. From the shy Berthe Bovary, who sadly plays in her own corner, to the life-size games of young Julian in Three Tales, in which he kills animals in a horrific way; or to the fatalistic views of Bouvard and Pécuchet, Flaubert takes a cold, unkind look at childhood games. It’s a far cry from romantic clichés about the green paradise of childhood love. Nevertheless, in many of his stories, Flaubert, like a child again, uses the fantastic and the marvellous, and sometimes abandons himself to the charms of infinite naivety. “The storms that are so appealing in youth become tedious in middle age.” But probably we must hold on to them. “Farewell. God bless you, poor child!” as he wrote to his lover and soul mate Louise Colet. Childhood, which we’ve been deprived of for some reason, can be replayed, or rather played out for real, thanks to literature and the pleasure of playing with words, to the point of exhaustion. A belated childhood, so to speak, which still has a bitter taste, but which makes literature more than a game: a synonym for survival. #flaubert #frenchlitterature #NCFS #rouen #museeslitteraires #jeanbaptiste_chantoiseau