Mois: avril 2021

Fontainebleau : de Napoléon au théâtre

Rétrospective 2019, épisode 1

BIEN EN PLACE ouvre sa grande rétrospective 2019 sous les ors du château de Fontainebleau, où la rédaction s’est rendue à deux reprises.

D’abord, pour visiter l’exposition « La Maison de l’Empereur » (13 avril – 15 juillet 2019), qui est parvenue à resusciter « l’esprit des lieux » qui régnait à l’époque de la cour impériale de Napoléon Ier, grâce à une scénographie grandiose, ne lésinant pas sur les moyens et sur la mise en scène : lumières, vitrines, rideaux, tout participe à une féerie qui met en valeur le riche corpus présenté : tableaux, dessins et gravures, arts décoratif de la Manufacture de Sèvres, costumes de cour… L’Empereur et ses artistes manifestaient une attention redoublée au moindre détail.

Les représentations de Napoléon Ier, seul ou entouré de sa cour, reflètent une idéologie où costumes, symboles, gestes et attitudes se placent au service d’un pouvoir incarné par un homme providentiel, prêt à toutes les audaces et conquêtes.

Cette iconographie flamboyante a clairement accompagné la montée en puissance de Napoléon Ier. Des objets à l’exécution parfaite – arts décoratifs, arts de la table, bijoux – côtoient, tout au long de l’exposition, des vêtements précieux et des bustes majestueux à l’exécution fine. La visite nocturne des appartements puis le cocktail dans la grande galerie François Ier ont parfait la magie de la soirée.

Au mois de juin, nous sommes venus de nouveau à Fontainebleau pour célébrer, à l’occasion d’une garden party musicale et champêtre, la réouverture du théâtre impérial du château. Grâce au soutien financier d’Abou Dhabi, ce dernier a retrouvé sa splendeur et la magie de ses décors, redonnant tout son lustre à cet espace. Cet écrin est si précieux qu’il ne peut plus, hélas, héberger de spectacle en dehors des soirées privées mais on peut le visiter avec un guide. Fontainebleau, demeure préférée de François Ier, est toujours aussi magique.  

La rédaction de Bien en place.

Souvenir d’un tournage très fort avec Shabnam Tolouei

Mostafa Heravi, chef-opérateur de l’image, Shabnam Tolouei, réalisatrice, Raphaël Chantoiseau, ingénieur du son

Parmi les tournages qui m’ont le plus marqués ces dernières années, il y a ce film-documentaire de Shabnam Tolouei, SETAREH. La photo a été prise à l’issue d’une journée de travail très intense, avec des témoignages forts et émouvants de femmes qui parlent de violences dont elles ont été victimes. C’est ma troisième collaboration avec Shabnam Tolouei, cinéaste, écrivaine, comédienne de très grand talent et aussi mon amie. Son inspiration, son énergie et son courage constituent un exemple ; je suis très fier de cette amitié qui fait partie de ces cadeaux inattendus et précieux de l’exil. Cette photographie révèle comment une équipe s’allie comme une seule personne pour une cause commune en toute liberté et bien en place.

Raphaël Chantoiseau

Souvenir d’un tournage à Madrid, 2019

C’est avec un plaisir infini que j’ai retrouvé Kubra Khademi, au début de l’année 2019, dans le cadre d’un tournage pour un film documentaire de Mélanie Trugeon. Kubra est une artiste inclassable, une performeuse hors norme. Elle a fui son pays, l’Afghanistan, pour s’exprimer dans toute sa singularité; exprimer la violence faite aux corps des femmes et donner une voix aussi à la nécessité de créer pour survivre !

Être à ses côtés dans les rues de Madrid a constitué une aventure d’autant plus forte que c’était la première fois que je me trouvais en Espagne, un pays dont j’ai capté les sons avec une grande curiosité. La nuit à Madrid, l’ambiance est très sympathique et vivante ; la musique est partout, la gastronomie extraordinaire; c’est une atmosphère, une couleur locale, qui offre un univers à part, vivant et vibrant. J’avais le sentiment d’être dans un film d’Almodovar.

Kubra m’a impressionné par son charisme, sa force à performer, pieds nus, dans les rues, sous l’oeil des passantes et des passants. Il fallait tout saisir, vite, être réactif au moindre mouvement.

C’est une expérience artistique et humaine que je n’oublierai jamais. C’est bien dans ces moments-là que l’on se sent bien en place.

Raphaël Chantoiseau