Mois: février 2018

Succès de la projection du film « AZAR » (2017) avec Niki Karimi

       

La star iranienne Niki Karimi était présente à Paris pour les deux séances de la projection, organisée par la société ECRAN D’ARGENT en partenariat avec l’association BIEN EN PLACE, du film Azar (2017) du jeune réalisateur Mohammad Hamzei. Le scénario a offert à l’actrice un rôle de femme forte : une épouse, dont le mari est emprisonné, continue à se battre pour vivre, faire tourner le commerce familial et tenter d’obtenir une libération. Niki Karimi elle-même sait bien ce que le mot « battant » signifie : comédienne, réalisatrice et productrice, elle a déjà plus de 20 films à son actif. Elle est aussi linguiste, traductrice et photographe. Son premier long-métrage, « Une nuit » (2004) a été sélectionné au festival de Cannes, dans la section « Un Certain Regard ».

    

La projection événement de « Azar »s’est déroulée le dimanche 14 janvier 2018, dans le magnifique Club de l’Etoile (Paris 17e) qui avait déployé pour l’occasion son tapis rouge.

Niki Karimi connaît déjà bien la France ; c’est en effet en 1992 qu’elle a remporté l’une de ses récompenses de « meilleure actrice » au festival de Nantes. Plus récemment (2011), le musée Guimet lui a décerné une récompense pour le film Final Whistle.

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La star s’est prêtée à des séances de poses avec ses nombreux admirateurs et admiratrices. Le public est tombé sous le charme du charisme et du talent de cette actrice dont l’aura dépasse les frontières de l’Iran.

      

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Après la récompense du film Un homme intègre en 2017 à Cannes (« Un Certain Regard »), la vitalité du cinéma iranien ne se dément pas en France, ce que cette séance complète a de nouveau prouvé.

  

D’autres événements viendront poursuivre ce cycle de projections-débats en 2018.

    

Ecran d’argent : https://www.facebook.com/Ecran-dargent-139046130106942/

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« Now you can see them » : Richard Dyer et « Jack the Ripper » de passage à Paris

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Richard DYER à l’université de Nanterre le 3/02/18 pour le séminaire du CICLAHO – photo Maziar Razaghi Chantoiseau

Insaisissable, international, terrifiant ou fascinant : Jack l’Eventreur fait partie intégrante de ce Panthéon de figures mythiques qui hantent la littérature, les arts visuels et le cinéma depuis trois siècles à présent. Spécialiste renommé en « cultural and visual studies » et auteur d’une pléiade de livres de référence tels Stars (1979), Now you see it, Studies on Lesbian and Gay Film (1990 ; réed. en 2003 avec une postface de Julianne Pidduck), The Culture of Queers (2002) ou bien encore In the Space of Song (2012), le professeur Richard Dyer est revenu sur cette figure légendaire dans le cadre du séminaire du CICLAHO à l’université Paris X – Nanterre, animé par Anne-Marie Paquet-Deyris, Serge Chauvin et Anne Crémieux.

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Depuis les crimes survenus dans le district londonien de Whitechapel en 1888 – et les récits journalistiques qu’ils suscitèrent – jusqu’aux représentations théâtrales et films récents, le « serial killer » peut-être le plus connu au monde a inspiré diversement artistes et écrivains, pour le meilleur… et parfois aussi pour le pire. En s’intéressant de plus près aux expériences filmiques – séquences à l’appui – Richard Dyer a démontré combien le meurtre et l’angoisse s’inscrivent dans un spectacle (SHOW) qui obéit, certes, à des normes (le brouillard, l’apparition puis l’évanescence de Jack, le jeu des ombres et profils…) mais qui connaît, aussi, des variantes révélatrices de sensibilités artistiques, géographiques et esthétiques différentes. De l’expressionnisme, avec ses jeux de surimposition, au musical en passant par la comédie et la satire, Jack l’Eventreur a été mis en scène , interprété et ré-interprété dans des directions tellement diverses et variées que ce corpus composite, considéré comme un ensemble, en vient à former un paysage pour le moins bigarré, où règne incontestablement une inquiétante étrangeté dont la figure de Jack reste la principale cause.

Ce meurtrier – réel ? imaginaire ? – semble aussi propre à susciter tout un imaginaire fantasmatique où la sexualité (SEX) occupe le premier plan. En dépeignant le meurtre comme un acte sexuel, délivrant pour le serial killer un plaisir comparable à celui de l’orgasme, les artistes, à partir de la figure de Jack l’Eventreur, ont donné vie à des univers esthétiques sous l’emprise du masochisme et de la perversion : les « queer moments », parfois empreint d’homoérotisme, s’y avèrent être légion!

Dernier terrain d’investigation pour Richard Dyer : la question de la classe sociale (CLASS),  qui loin de n’être qu’une simple toile de fond semble obséder écrivains, journalistes, artistes et plus généralement le public. Tout porte à croire que Jack l’Eventreur serait un homme respectable, peut-être issu des plus hautes sphères du pays (la famille royale est ainsi souvent évoquée); un homme dans lequel il serait impossible d’identifier de prime abord un meurtrier – à la façon du docteur Jekyll et de Mister Hyde. A moins qu’il ne s’agisse d’un dangereux immigré, d’un inconnu de passage ou d’un déshérité des basses couches de la société et dont les meurtres horribles refléteraient ce que personne n’est disposé à voir: la précarité et la misère financière et mentale dans lesquelles vivent toute une partie de la population.

De bien des façons, le phénomène « Jack l’Eventreur » exprimerait  le retour d’un refoulé désormais impossible à contenir et qui se répandrait sur des écrans bientôt envahis par une angoisse ulcérante… pour le plus grand bonheur des spectateurs, mais aussi des auditeurs de Richard Dyer qui, une fois n’est pas coutume, a su offrir un exposé vivant, passionnant et inspirant. La fascination pour « Jack l’Eventreur » n’est donc pas prête de s’éteindre.

Jean-Baptiste Chantoiseau

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Affiche Loulou    Affiche Waxwork  Affiche Jack l'éventreur

Photos Maziar Razaghi Chantoiseau

 

http://crea.parisnanterre.fr/ciclaho-groupe-de-recherche-sur-le-cinema-classique-hollywoodien-et-ses-evolutions-cinematographiques-et-televisuelles-646122.kjsp?RH=1450188312386

 

De Bologne à Paris : rendez-vous avec Richard Dyer… and Jack the Ripper!

Historien et théoricien du cinéma reconnu, entre autres, pour ses travaux sur les représentations de l’homosexualité à l’écran, Richard Dyer est en conférence ce samedi 3 février 2018 à l’université de Nanterre dans le cadre du CICLAHO (groupe de recherche sur le cinéma classique hollywoodien et ses évolutions cinématographiques et télévisuelles), dirigé par Anne-Marie Paquet-Deyris, Serge Chauvin et Anne Crémieux. Professeur à King’s College à Londres, Richard Dyer est l’auteur d’un très grand nombre d’essais et de livres qui font date dans le domaine des cultural et queer studies.

Il y a quelques mois, en septembre 2017, nous l’avions rencontré dans le cadre du 23e colloque international de la SERCIA à Bologne, en Italie, sur le thème « That’s Entertainment! Spectacle, Amusement, Audience and the Culture of Recreation in the Audiovisual Contexts of English-Speaking Countries ». Après avoir questionné, de manière symétrique, les rapports « entertainment » / « art »  et « représentation » / « affect », Richard Dyer a proposé une approche originale de l’espace de l’entertainment en s’appuyant sur de riches analyses d’une séquence de la comédie musicale On the Town (1949) de Stanley Donen et Gene Kelly puis en passant au peigne fin l’ouverture de Shaft (1971) de Gordon Parks. Quitte à susciter parfois un plaisir coupable (« guilty pleasure »), comment le divertissement parvient-il à investir puis à se répandre dans l’espace, inspirant parfois un sentiment d’inquiétante étrangeté ? Sous les apparences d’un spectacle à l’état pur, se dévoilerait aussi, en vérité, une manière de percevoir et de dominer le monde : Richard Dyer attire l’attention sur les enjeux politiques et sociaux de tout divertissement, tant il est vrai qu’il ne saurait exister de jeu innocent.

Pour ce samedi 3 février, nul doute, à nouveau, que le thème annoncé, « Jack the Ripper in European Film »,  ne réserve de belles surprises !

Rendez-vous à 9h30, à l’Université Paris Nanterre (RER ligne A, station « Nanterre-Université », à 12mn de Châtelet). La conférence se déroule dans la salle des conférences du  Bâtiment B, au rez-de-chaussée.

Au programme :

A/ Kristian Feigelson & Giulia Battaglia : « Autour du cinéma indien :  de Bollywood au cinéma documentaire indépendant »

B/ Richard Dyer : « Jack the Ripper in European Film »

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Avec Richard Dyer à l’occasion du 23e colloque international de la SERCIA,

Bologne, 7-9 septembre 2017.