Cannes 2015 : Bien En Place affiche ses préférences

Youth-SorrentinoCarol  saul fia

Pendant le Festival de Cannes 2015, la rédaction de Bien En Place a vu 35 films; elle a ainsi pu apprécier un bel aperçu de la Sélection officielle et vivre parfois des moments de grâce ou de gravité. Parmi les plus beaux long-métrages du cru 2015, Bien En Place affiche haut et fort son amour pour Youth de Sorrentino, notre Palme d’or ex aequo, pour ainsi dire, avec le nouveau Todd Haynes, Carol, dont le scénario et la mise en scène sont d’une méticulosité telle qu’elles relèvent de la maestria. De maestro, d’ailleurs, il est question dans le film de Sorrentino, qui raconte comment la retraite en Suisse, dans un pensionnat de luxe, d’un compositeur et chef d’orchestre renommé, va être perturbée par l’arrivée d’un émissaire de la reine d’Angleterre, mais aussi par les courbes irréprochables d’une Miss Univers ambitieuse. Ponctué d’images à l’onirisme fort, le film cultive l’humour et la poésie et offre un final émouvant, digne d’un opéra. Dans un autre registre, Saul Fia de Laszlo Nemes constitue un film d’une intensité remarquable : l’univers des camps de concentration y est montré dans sa froideur et sa cruauté quotidienne grâce à une focalisation inhabituelle, qui permet de suivre la vie d’un prisonnier forcé de travailler à l’entreprise d’extermination nazie. Le film a reçu le Prix du Jury.

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Le film chinois Mountains May Depart de Jia Zhang-Ke est le coup de coeur de la rédaction pour la magnifique émotion qu’il dégage grâce à un scénario, en trois parties (1999, 2014 et 2025), permettant de suive le destin de personnages nostalgiques ou déracinés.

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Par la puissance de son univers plastique, de ses couleurs propres à explorer les désirs inconscients et la performance de Marion Cotillard, Macbeth de Justin Kurzel a constitué l’un des temps forts de la fin du festival. L’émotion et la finesse de Mia Madre ont fait du nouveau Nanni Moretti un grand film. Avec des moyens épurés, La loi du marché a créé la surprise par sa capacité à dépeindre une réalité sociale authentique sans surenchère ni excès de dramatisation, comme en témoigne la fin du film. Brutal et cinglant dans un autre registre, Chronic enserre le spectateur dans le drame de la maladie avec un art de la composition d’une efficacité tranchante.

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Impossible de ne pas évoquer la Palme d’or 2015, Deephan de Jacques Audiard, récompense méritée pour la carrière du cinéaste même si ce dernier opus n’est pas une absolue réussite : la première partie du film offre un scénario crédible et une mise en scène prenante mais la surenchère de la suite et le happy ending improbable peinent à convaincre. Citons enfin l’un des scénarios les plus intéressants : Louder Than Bombs de Joachim Trier, un film post-moderne qui offre à Isabelle Huppert un rôle taillé sur mesure.

La disparition, la fuite du temps et la figure de la mère ont constitué trois thèmes récurrents de la sélection 2015, placée, au demeurant, sous l’égide d’Ingrid Bergman; étoile décidément pertinente de cette nouvelle constellation de films qui a déjà commencé à investir les écrans français.

La rédaction de Bien En Place.

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