Auteur : bienenplace

Docteur en études cinématographiques et enseignant à Paris 3 ; écrivain ; éditeur au musée Rodin

L’univers poétique de Jim Jarmusch à l’université d’Arras, 8 et 9 avril 2015, flashback

THE LIMITS OF CONTROL

Le cinéaste américain Jim Jarmusch a été au centre de débats passionnants à l’université d’Arras, à l’occasion d’un colloque international, les 8 et 9 avril 2015, organisé par Esther Heboyan (EA 4028 Textes & Cultures, université d’Artois). Une vingtaine de conférenciers sont intervenus, dont Geoff Andrew, du British Film Institute, qui a eu l’occasion de s’entretenir, à plusieurs reprises, avec le réalisateur et n’a pas été avare en confidences esthétiques; révélant, par exemple, l’amour profond de Jim Jarmusch pour les chants d’oiseaux, d’où sa méticulosité extrême à peaufiner la bande son de Ghost Dog (1999).

IMG_0244Si la tristesse et la beauté de ce monde semblent inextricablement liées, nous n’en devons pas moins croire en notre imagination, en nos propres pouvoirs afin de vaincre les forces qui prétendent dominer le monde: tel est pour Geoff Andrew, l’un des messages du cinéma de Jim Jarmusch, en particulier dans The Limits of Control. Grâce à la projection d’extraits de films de Melville, Antonioni ou bien encore Ozu, Geoff Andrew parvient à mettre en lumière la singularité de l’univers de Jim Jarmusch dans sa manière de s’inspirer des grands maîtres tout en se distinguant: ainsi, même si on trouve dans son oeuvre un sentiment d’abandon et de mélancolie comme chez Antonioni, Jim Jarmusch, pour sa part, maintient une certaine tendresse pour ses personnages ; d’où l’humour, l’ironie et la poésie touchante de ses films.

La singularité de la narratologie post classique du cinéma de Jim Jarmusch tout comme sa capacité à créer une tension dramatique singulière ont été soulignées lors de la première matinée (Laure Cordonier). L’amour de Jim Jarmusch pour les atmosphères nocturnes (Mirjam Kappes) a donné lieu à des investigations approfondies propres à mettre en lumière des rythmes et un sens de la composition, en particulier dans Mystery Train (1989).

« I have been one acquainted with the night » : c’est sous l’égide poétique de Robert Frost et photographique de Walker Evans (« Corner of Felicity and Orange Streets ») qu’Esther Heboyan a ouvert son exploration de « l’appel du hors champ » dans Down by Law (1986). En décryptant avec acuité le traitement du son et les mouvements des personnages dans une suite de plans a priori anecdotique, elle révèle comment Jim Jarmusch offre au spectateur un pur spectacle sensoriel aux résonances multiples: musique, bruits, dialogues construisent subtilement un espace-temps dans lequel les déplacements des personnages s’inscrivent de manière poétique.

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Les transhumances Europe / USA et leurs conséquences esthétiques et culturelles (Sylvie Blum-Reid), la richesse d’une intertextualité dépassant les simples limites du narratif (Alexander Davis) ou les enjeux d’un discours sur le film inscrit dans le film lui-même (Fatima Chinita) ont donné lieu à des échanges denses, qui se sont poursuivis notamment par une ré-interprétation de The Limits of Control (2009), film délaissé et mal-aimé par la critique et sur lequel sont revenues de nombreuses contributions (Nepomuk Zettl, Viktors Freibergs et Pierre Datry le second jour).

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Avec une approche phénoménologique Chiara Palermo analyse le destin des « anti-héros » qui hantent l’univers jarmuschien tandis que Jean-Baptiste Chantoiseau s’interroge sur les aspects narratifs, esthétiques et identitaires que ne manque pas de soulever la question du personnage dans sa cinématographie. Apparitions, dédoublements, intermittences et moments de latence donnent vie, selon lui, à un univers qui s’intéresse de près aux phénomènes de régressions identitaires; d’où un cinéma qui se distingue du genre fantastique dans lequel il aurait pu verser sans cette quête dont le personnage, par le traitement qui lui est réservé, témoigne. Jean-Baptiste Chantoiseau proposera aux membres de Bien en place une séance en anglais reprenant cette conférence (la date sera annoncée prochainement). 

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Le bouddhisme au service de la métaphore et d’un dénuement narratif (François D. Prudhomme), la postmodernité (Nicolas Guezennec-Fouché), la question de la vision, distincte du regard, et du lien entre  contemplation et signification dans Dead Man et Ghost Dog (Pascal Couté) ont permis de soulever des problématiques primordiales. Les rapports complexes que son cinéma entretient avec de multiples genres (western, horreur, film gothique…) ont amené David Roche à explorer de nombreux motifs plastiques et iconiques; Vincent Piturro proposant pour sa part un questionnement sur la nostalgie et le déclin. Ressuscitant le Lower East Side new yorkais du milieu des années 70 aux années 80, Justin S. Wadlow montre la fertilité intense du contexte plastique, musical et littéraire au sein duquel Jim Jarmusch a fait ses premières armes. Musique, science, pouvoir, cinéma, philosophie: combattre le risque de contrôle totalitariste dans ces différents domaines permet de mieux comprendre, avec Pierre Datry, The Limits of Control (2009). Intéressée par les phénomènes de répétitions et les références propres à l’univers de Jim Jarmusch, Céline Murillo montre comment cadrages verticaux, compositions et mouvements de caméra véhiculent un sens et offrent une ouverture dans la conscience des héros jarmuschiens.

Sad and Beautiful, le cinéma de Jim Jarmusch n’en offre pas moins des moments d’analyses et d’échanges réjouissants, comme ce colloque international l’a une fois de plus prouvé.

La rédaction de Bien en place.

Photographies du colloque : Raphaël Razaghi Chantoiseau

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Prolongation 2015 : reprise tous les jeudis soirs à 20 h. du spectacle de Sarah DORAGHI

Après son succès en 2014, Sarah DORAGHI propose de nouveau son spectacle tous les jeudis à 20 heures au théâtre BO Saint-Martin (Paris 3e, Métro République) ! L’équipe de « Bien En Place » est tombée sous le charme de cette comédienne, elle même si bien à sa place sous les feux de la rampe !

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REPORTAGE
Ce soir d’avril 2014 où nous nous y sommes rendus, le théâtre BO Saint-Martin affichait complet ! Et pour rien au monde nous « n’aurions changé de file » : un one woman show enjoué se tient ici jusqu’à la fin du mois de juin, celui de Sarah DORAGHI ! Pendant plus d’une heure, seule sur scène, la comédienne tient en haleine le public dans un spectacle mené tambour battant. Née en Iran, c’est en 1983, à peine âgée de 10 ans, que Sarah Doraghi arrive à Paris avec sa soeur. Ses parents souhaitent l’éloigner d’un pays ravagé alors par la guerre Iran-Irak. Problèmes de communication, quiproquos, questions répétitives – et souvent désobligeantes – d’interlocuteurs français hantés par des préjugés tenaces : Sarah Doraghi donne vie et forme à de multiples situations dont elle a puisé la sève dans son expérience personnelle.
En dépit des idées reçues à affronter et des déboires traversés, Sarah Doraghi parvient à faire partager son amour pour la France et pour Paris, musique à l’appui, avec une sincérité touchante. D’ailleurs, on ressent toujours une certaine tendresse pour cette galerie de portraits – qu’ils soient français ou iraniens – qu’elle parvient à mettre en scène en jouant avec sa voix et avec son corps; s’aventurant même aussi, non sans plaisir, à des chorégraphies envoûtantes pour symboliser la puissante séduction de la femme « perse » et fière de l’être. Cette affection qui la relie à ses personnages, dont elle sait rendre toute la truculence, évite au spectacle la froideur d’une caricature. De l’enclin de l’âme perse pour l’hyperbole est ainsi souligné la part de jeu qu’il comporte tout comme est mise en lumière la douce folie de certains points de vue ou modes de vie en France.
Avec un peu de distance et de poésie, il est donc possible de montrer toute l’humanité et la beauté que charrient les deux côtés de la balance – iranien et français. C’est pourquoi Sarah Doraghi offre un show dynamique dont on ressort joyeux avec du baume au coeur. Chapeau bas, quand on sait combien les questions d’exil et d’intégration ont leur lot de drame et de douleur. Garder le sens de l’humour n’en devient que plus indispensable pour avancer dans la bonne direction. Celles et ceux qui souhaitent l’emprunter peuvent en tout cas « filer » droit vers le théâtre BO Saint-Martin !
Jean-Baptiste Chantoiseau

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L’équipe de « Bien En Place » avec Sarah Doraghi

*INFORMATIONS
Théâtre BO St Martin
Adresse : 19, Bd St Martin
75003 Paris
Téléphone : 01 42 71 50 00
E-mail : resa@theatrebo.fr

Nouvelle équipe 2015

Suite au Conseil d’administration de fin d’année 2014, de nouvelles têtes ont rejoint l’équipe de BIEN EN PLACE et l’organigramme a évolué (voir la rubrique L’EQUIPE). De quoi aborder 2015 avec enthousiasme et mener de nouveaux projets de front : ateliers, spectacles de théâtre, projections…

Vous pouvez à tout moment nous soumettre vos projets et/ou rejoindre l’équipe en écrivant à assobep@gmail.com

A très vite !

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Projection événement Samedi 7 mars 2015

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« To Light a Candle » provides a powerful account of Iran’s largest religious minority, the Bahá’ís, and their peaceful response to decades of state-sponsored persecution. This 55-minute documentary assembles—from interviews and personal stories and from exclusive archival footage—a compelling case for the Bahá’ís of Iran and against the cruel deprivations and indignities they continue to endure at the hands of a regime deeply infected with the poisons of prejudice, intolerance, and malice.

Following the 1979 Iranian revolution, Bahá’ís have faced systematic persecution including arrests, imprisonment and executions. They are also forbidden from attending or teaching at universities. The film sheds light on the underground Bahá’í Institute for Higher Education (BIHE), which was established in 1987 in response to the persecution.

Watch the trailer here:

The event is taking place in support of the worldwide « Education is Not a Crime » campaign. Further details about the campaign can be found at the following website: www.educationisnotacrime.me

No ticket is required.
Free admission subject to availability.
The film is in Persian with English subtitles

Spectacle de Noël ce samedi 20 décembre : la comédie des mythes. Venez nombreux. Entrée gratuite

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Chers tous,
 
A l’occasion des fêtes de Noël, BIEN EN PLACE vous invite à assister au prochain spectacle de l’association des Prof’s d’Histoire : La Comédie des Mythes grecs.
 
Cette comédie fera découvrir aux enfants et aux plus grands les secrets de la mythologie antique. Un moment d’humour et de convivialité !
 
 
Rendez-vous le Samedi 20 décembre, à 20 heures à L’Archipel / association AURORE
26 BIS rue Saint-Pétersbourg – 75008 Paris
 
METRO ligne 13 : Place de Clichy.
 
Entrée participative au chapeau.
 
Venez nombreux et nombreuses avec vos enfants !
 
 
 

Soirée cinéma : l’IRAN – jeudi 27 novembre – 19 h. – Paris 8e

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Encore merci à tous et à toutes d’avoir été aussi nombreux le samedi 15 novembre à notre lecture-concert.

Retrouvons-nous jeudi 27 novembre à 19 heures pour une SOIRÉE CINEMA exceptionnelle, autour des couleurs et des sons de l’Iran.

Vous pourrez y découvrir des films rares, présentés et commentés par leur ingénieur du son Raphaël Razaghi Chantoiseau, qui nous fera partager ses expériences professionnelles.

La réalisatrice Banafsheh-violet Modaressi viendra en plus nous présenter son film d’animation Forbidden Tree.

Rendez-vous dans la Chapelle magique de l’espace Aurore au 26 bis rue Saint-Pétersbourg, 75008 PARIS.

Métro Place de Clichy.

Entrée 5 euros et 2 euros pour les membres de l’association Bien en place.

Lecture-concert : La légende d’Azad et Marian – samedi 15 novembre – 20 h 30

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Aux confins de l’Orient, venez découvrir une magnifique histoire d’amour: la légende d’Azad et Marian


Lecture-concert événement le samedi 15 novembre à 20 h 30

Dans une chapelle magique: L’Archipel – 26 bis rue Saint-Pétersbourg – 75009 Paris Métro Place de Clichy

ENTRÉE LIBRE Dans la limite des places disponibles

Le roman de Laurence Wintzinger (Éditions Edilivre) sera lu par Véronique Garin et mis en musique par Javid Yahyazadeh et Athar Torabi. Séance de dédicaces avec l’auteur.

Evènement sous la houlette de l’association Aurore www.aurore.asso.fr .

Une production de l’association Bien en Place www.bienenplace.com en partenariat avec Le miroir persan www.lemiroirpersan.com

Soirée courts-métrages – mercredi 8 octobre – 19 h. – Montparnasse !

L’association Bien en place – http://www.bienenplace.com

logo jpgvous convie à une soirée thématique

Femmes d’orient et d’occident

Le mercredi 8 octobre 2014 à 19 h 00

Au restaurant/disco. Tout le monde en parle

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4, rue du Départ – 75015 Paris

Métro Montparnasse-Bienvenue

Sur le parvis de la Tour Montparnasse / Au dessus des Galeries Lafayette et du C&A (montez l’escalier, 2e étage)

Projection à 19 heures de deux courts-métrages

en présence de l’ingénieur du son Raphaël Razaghi Chantoiseau 

Vavi (Jeune mariée) de G. Hashemzadeh, 2010 (Iran) et

End Game de Wim Vanacker, 2010 (France)