Day: 16 mai 2023

A fleur de peau : la Perse en majesté avec les frères Haerizadeh et Hesam Ramanian aux côtés de Golshifteh Farahani

L’excellente galerie In Situ, dans ses nouveaux espaces magnifiques de Romainville, présente du 14/05 au 15/07/2023 un talentueux et déjà reconnu trio d’artistes persans: Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh et Hesam Rahmanian. Les deux premiers sont frères, le troisième est leur ami de longue date et ensemble ils forment un collectif aussi inattendu que créatif, comme le prouve THE BEAUTIFUL DECAY OF FLOWERS IN THE VASE.

Golshifteh Farahani était présente au vernissage de cette exposition singulière à laquelle BIEN EN PLACE a eu l’honneur d’assister également par le biais de son président, Raphaël Chantoiseau et de Jean-Baptiste Chantoiseau, directeur des musées littéraires Rouen Normandie.

Dès l’entrée de l’exposition, on est saisi par le caractère à la fois transgressif, coloré et engagé du trio Haerizadeh/Rahmanian. Tels des personnages dotés de tentacules, des tiges en fer arborent des séries d’assiettes toutes peintes à la main et reprenant des thématiques d’une actualité hélas trop réelle ; guerre, violence faite aux femmes, racisme… Ces représentations sont accompagnées de courtes légendes et du choc entre les mots et l’image résonnent un message empreint d’inquiétude et de gravité. Cette forêt de symboles, comme le disait Baudelaire des arbres, nous convie au cœur d’une danse vertigineuse ; le mouvement de ces structures jonglant entre les assiettes illustre le réseau mondial dans lequel nous vivons au quotidien, envahi d’images en permanence.

Les tableaux du trio mettent en scène d’autres enfers contemporaines. Des personnages ou formes que l’on croirait sortis tout droit des toiles de Brueghel ou de Bosch toisent le spectateur et abolissent les frontières entre animalité et humanité. La Flandres a envahi les trottoirs de New York ou des grandes cités capitalistes ; des anonymes participent au spectacle et de cette féerie moderne on retient un vague sentiment d’inquiétante étrangeté. Celle-ci est redoublée dans les vidéos permettant aux artistes de se filmer eux-mêmes, sous des masques étranges, dans les coulisses de leurs créations ; des coulisses synonymes de fantaisie, d’absurdité et de poésie et qui en disent long sur leur manière d’appréhender l’univers.

Un vent de liberté souffle donc entre les murs blancs de cette exposition jubilatoire ; aussi était-ce une immense émotion que de pouvoir y retrouver l’artiste Golshifteh Farahani dont le combat pour la liberté en Iran se poursuit, avec ferveur, depuis de nombreux mois, pour qu’un jour l’art, sous toutes ses formes, mais aussi l’amour, la liberté et la joie aient de nouveau droit de cité dans ce pays millénaire, à la beauté incomparable, mais coupé de ces racines. Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh et Hesam Rahmanian délivrent ici une sève source d’espérance.

La rédaction de Bien en place.

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