Aux miroirs féminins de Bettina RHEIMS ou la MEP enflammée jusqu’au 27 mars !

IMG_9146                                        Les ambassadeurs de Bien en Place avec Bettina RHEIMS

Il reste encore un peu plus d’un mois pour découvrir la grande rétrospective Bettina RHEIMS proposée à la Maison européenne de la photographie. L’occasion de parcourir près de 40 ans de carrière, depuis les premiers portraits animaliers et leurs angles inattendus, aux séries plus récentes des années 2010, dont le passionnant Gender Studies. Cette dernière a fait l’objet d’un livre en 2014, chez Steidl, judicieusement accompagné d’un CD permettant d’écouter les témoignages de celles et ceux qui, un jour, ont franchi le pas en décidant de changer de sexe et de corps, ou plutôt de faire advenir ce qui, pour eux, était dès le départ une évidence. Comment faire une « sculpture de soi-même » se demande, d’une voix touchante, l’un de ces héros hors normes qui a accepté de poser sous l’objectif de Bettina RHEIMS; un objectif qui, à l’aide d’un dispositif lumineux, habile à réduire la part de l’ombre, et d’un fond gris et neutre, dévoile au grand jour ce qui d’ordinaire est tu.

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Faire une « sculpture de soi-même » ou plutôt sculpter la femme, les femmes, qu’elles soient actrices, chanteuses ou détenues de prison: tel semble être l’enjeu pour Bettina RHEIMS. La photographe expose et sur-expose ses modèles, optant toujours pour la couleur, la pulsion, l’expression; à mille lieues des interdits sociaux qui ont longtemps confiné la femme à un rôle de pure et simple retenue. Ici tout au contraire, la femme s’exhibe, jubile, offrant un défilé baroque et excessif, qui est une vraie gourmandise pour le regard. D’une salle à l’autre, les clins d’oeil se multiplient et, bientôt, c’est Mona Lisa en personne, lassée des glacis de Léonard de Vinci et de sa foule quotidienne d’admirateurs au Louvre, que l’on surprend dans le métro parisien. Hors de toute limitation donc, la femme prend possession de l’image et, ce faisant, s’affirme, trouve un visage et invente une scène à ses désirs. L’intensité et la frénésie, grâce aux compositions, font l’objet d’un cadrage qui crée un rythme d’image en image, comme s’il s’agissait pour Bettina RHEIMS, devant la forte énergie propre à son univers, de contrôler par l’esthétique l’éclatement d’un désir, d’une érotique, trop longtemps contenue. La photographe, année après année, a donc réussi à créer un espace, une scène de dévoilement dont elle soigne la mise en scène pour mieux cerner ces femmes que l’on qualifiait, encore, au XIXe siècle d’ « idoles de la perversité ». Ici, les « idoles » prennent le contrôle du jeu pour faire entrer l’homme dans une autre danse, où la morale se décline autrement.

La rédaction de Bien en Place.

Exposition « Bettina RHEIMS » à la MEP jusqu’au 27 mars, 5/7 Rue de Fourcy – 75004 Paris, métro St Paul. A noter la monographie Bettina RHEIMS parue chez Taschen à l’occasion de cet événement.

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