NOS COUPS DE COEUR

CANNES 2018. Bien en place – dans Nice Matin !

À l’occasion du vernissage de la sublime exposition DIVINES ACTRICES – Paris Match – dont Marc Brincourt, rédacteur en chef photo de Paris Match, a assuré le commissariat, magnifique article le jeudi 11 mai 2018 dans NICE MATIN. Il contient une belle interview du commissaire et – petite surprise – une photo très élégante du président de Bien en place, Raphaël Chantoiseau, stylé « diamant sur canapé » avec un costume Goya – Bologna, une écharpe en soie Innangelo et un chapeau JJ Hat Center / New York. Il est ici aux côtés des jumelles les plus connues du cinéma français. Un moment « bien en place » par excellence, au cœur du Cap-Eden-Roc à Antibes.

Photographe : Franck Fernandes. Journaliste Nice Matin : Margot Dasque.

Cannes sur la corde sensible : un sublime Day Two

    

Un vent de liberté et de sensibilité a soufflé sur le Festival de Cannes en cette seconde journée du mercredi 9 mai 2018. Dans la sélection UN CERTAIN REGARD, Rafiki a emporté le cœur des spectateurs. Tourné à Nairobi au Kenya, le film retrace une histoire d’amour interdite entre deux femmes, Kena et Ziki, qui doivent affronter l’intolérance et l’homophobie d’une société qui les rejette violemment. Dès l’ouverture, la caméra se promène allègrement dans les rues de la ville : la narration est présentée depuis le point de vue de Kena, qui aime à circuler en skate board dans son quartier. Des instantanés très colorés défilent, donnant envie de croquer dans ce film vivant et de s’attacher aux personnages, notamment les deux héroïnes de ce drame. La grande force du long-métrage repose d’ailleurs sur l’interprétation des actrices, touchante, sensible et juste ; donnant de la chair et de l’humanité à un scénario hélas parfois un peu cliché, ce qui n’enlève rien aux qualités d’une œuvre qui lève le voile sur un pays – voire un continent – pas suffisamment présent sur les écrans français.

  

Photo Gilles Kyriacos

Direction ensuite le tapis rouge, pour un film qui a déclenché une standing ovation de plus de quinze minutes dans le grand théâtre des lumières : Yomeddine, premier long-métrage de l’égyptien A.B Shawky. Pour une première, la réussite est des plus totales. L’épopée invite à suivre les pas de Beshay, un lépreux qui suite au décès de sa femme décide de traverser son pays pour retrouver son village d’enfance et les siens. Il est accompagné dans son périple périlleux par Obama, un jeune garçon noir et malicieux qui considère Beshay comme son père, étant orphelin. Leur expédition est des plus fragiles, se lançant sur les routes avec un âne et une charrette de fortune. L’humanité qui se dégage de Yomeddine et de la galerie de portraits qu’il propose, au hasard des rencontres en chemin, en font un film qui reste en mémoire ; on aurait envie de continuer notre route avec eux ! L’œuvre est un appel à tordre le cou aux préjugés et à l’intolérance ; le montage offre une fluidité dans les enchaînements qui permet de se sentir toujours au cœur du voyage. Les séquences de rêve, particulièrement saisissantes, ajoutent à l’émotion, au vertige et illustrent la profonde dureté et beauté de la vie.

  

Photo Gilles Kyriacos

Dernier tapis rouge de la journée pour LETO – L’été du russe Kirill Serebrennikov. La projection était particulièrement émouvante en raison de l’absence du réalisateur, assigné en résidence en Russie. Un panneau en guise de protestation a permis à cette avant-première de prendre des allures de manifeste politique et a envoyé un message fort aux pouvoirs qui prétendent brimer, par tous les prétextes, la liberté artistique.

  

Photos JB Chantoiseau

La transgression est d’ailleurs omniprésente dans ce film situé à Léningrad au début des années 1980 et dont l’ambition – réussie – est de témoigner de la soif de liberté, de création et d’expression de jeunes rockeurs, vivant aux marges d’une société dominée par l’idéologie communiste et sa censure permanente. La direction photographique du film est tout à fait remarquable, tout comme le montage et le découpage ; les séquences où, sur le seuil de plusieurs réalités, les personnages passent d’un monde à l’autre et s’envolent pour exprimer leur rage ou se fondre dans l’infini de la mer, proposent des moments de respiration, d’imagination et de poésie qui nous font croire, encore, en la puissance du septième art.

Photo Samina Seyed – https://www.instagram.com/saminasyd/?hl=fr

La rédaction de Bien en place

Cannes 2018 – BIEN EN PLACE more than ever

  

Soirée festive ce mardi 8 mai 2018 à l’occasion de l’ouverture du 71e Festival International du Film de Cannes ; un festival placé sous le signe de la différence avec beaucoup de nouveautés et une sélection très ambitieuse de long-métrages en compétition, dont des extraits ont été projetés en guise d’avant-goût. Edouard Baer, en maître de cérémonie, a apporté une touche d’humour, de fantaisie et de dérision qui a emporté l’adhésion de l’auditoire. Cette nouvelle vague 2018 avait aussi l’émotion de la nostalgie avec la présence de la magnifique Anna Karina, avec qui nous avons eu la chance d’échanger quelques mots.

  

Elle partage avec Jean-Paul Belmondo le haut de l’affiche de cette édition 2018, dont le visuel est un extrait du célèbre Pierrot le fou (1965) de Jean-Luc Godard . Le réalisateur franco-suisse, 50 ans après la révolution de 1968 et la suspension du festival, a d’ailleurs un film en compétition, Le livre d’images, qui sera sûrement l’une des œuvres importantes de cette édition. Beaucoup de premiers films sont au programme cette année, dont un road movie égyptien très attendu, Yomeddine de A. B Shawky, que l’on pourra découvrir dans les premiers jours de la compétition.

  

Le jury 2018 est à dominante féminine, ce dont on ne peut que se réjouir. Il est présidé par la magnifique Cate Blanchett, dont les jeux de regard, sans que l’ombre d’une parole ne soit nécessaire, ont foudroyé Cannes en 2015 dans le chef-d’œuvre de Todd Haynes, Carol. A ses côtés donc, Léa Seydoux, Ava Duvernay, Kristen Stewart  et Khadja Nin composent une équipe de choc ; complétée, côté masculin, par les présences de Chang Chen, Robert Guédiguian, Andrey Zvyagintsev et le talentueux Denis Villeneuve, dont la croisette a pu apprécier, en 2015, son tonique Sicario. En 2018, il a été nommé aux Oscars pour le très réussi Blade Runner 2049 et prépare actuellement un nouveau Dune, trente-quatre ans après David Lynch.

  

© Photo Samina Seyed – https://www.instagram.com/saminasyd/?hl=fr

La soirée d’ouverture a bien sûr été marquée par la projection en avant-première du nouveau film d’Asghar Farhadi, Todos lo Saben / Everybody knows avec entre autres Penélope Cruz et Javier Bardem. Après un générique entre élégance et nostalgie, constitué de plans cuts filmé à l’intérieur du clocher d’une église, l’histoire, entre retrouvailles, secrets de famille, disparition et révélations, développe des thèmes chers au cinéaste, ici transposés dans le milieu rural espagnol et ses pueblos où tout finit tôt ou tard par se savoir. La première demi-heure, avec ses plans aux points de vues multiples qui mettent le spectateur en situation de voyeurisme, est tout particulièrement captivante.

La soirée d’ouverture s’est naturellement achevée sur une note festive et musicale, en compagnie – surprise ! – de la chanteuse SHYM. Alors, le Festival 2018, qu’est-ce que ça fait ? Ca fait BIEN, more than ever.

La rédaction de Bien en place.

« Dancing with Fire. When Bruno Aveillan Rekindles Rodin’s Flame (1917-2017). » Synopsis of Jean-Baptiste Chantoiseau’s conference

  

During the International FilmForum 2018 in Italia, Dr. Jean-Baptiste Chantoiseau, Junior Lecturer in cinema Theory, Film Studies and Aesthetics at the Sorbonne-Nouvelle University and Editor of the Musée Rodin Paris, proposed a conference on Bruno Aveillan’s film: Divino Inferno. Rodin created The Gates of Hell (2017), co-written with Zoé Balthus.

 

The link between sculpture and cinema has already been explored by many directors throughout the 20th Century. Rodin’s statues in a startling sequence of S. M. Eisenstein’s October (1928); Greek and Roman monuments haunting R. Rossellini’s Journey to Italy (1954) or J.-L. Godard’s Contempt (1963); Rodin’s Dantesque figures inspiring dream-like images to J. Cassavetes in Shadows (1959): such stimulating examples demonstrate how the medium of sculpture has always been a fruitful source of inspiration both from a narrative and aesthetic point of view. But is it possible to evoke a “symbiotic” gathering able to change the viewer’s perception? How can filmmakers go further? To answer such a question, we will focus on a recent documentary film (2017) by the French photographer and director Bruno Aveillan: Divino Inferno. Rodin created The Gates of Hell. We would like to show how in this film the encounter between sculpture and cinema opens up a new kind of artistic space, which includes a physical and tactile involvement of the spectator.

 
On the right: Photo Nicolas Gouhier

This documentary offers a new kind of dialogue between sculpture, dance, photography and cinema to challenge the usual codes of art films. To do justice to the transgressive artist that Rodin used to be, Bruno Aveillan invents a new audiovisual form, melting his dancers’ bodies with Rodin’s masterpieces. Refusing the convention of the documentary genre, he includes in his film fictitious sequences to create a deep empathy with the viewer, within a synesthetic spirit in the Baudelairian sense of the word. Above all, the editing retraces Rodin’s creation process. Rodin indeed is the one who invented modern sculpture through the creation of a “unique way of re-assembling figures” as the poet Rainer Maria Rilke said. In the same way – but with other means and materials – Bruno Aveillan has decided to assemble a huge variety of images, giving birth to unexpected revelations and to a living artwork.

1 – « The Quest of the Interior Flame »

In choosing to place the element of fire at the very heart of his film, Bruno Aveillan can introduce and illustrate very concretely the modeling process exactly like Rodin defined it. According to the sculptor, modeling a figure should always imply a movement from the inside to the outside. Such a movement at this respect is comparable to a flame, leaping from the ground towards the sky.  Furthermore, the omnipresence of the fire creates an immediate connection, an intimacy and an imaginary possibility to attain the very essence of things: “Where the eye cannot go, wrote Bachelard, where the hand does not enter, there heat insinuates itself.” The fireplace, at the beginning of the film, is an important key to penetrate the true center of Rodin’s studio. The director creates here “a shared warmth”, a “communion in a reciprocal fusion.” It also alludes to Rodin’s « sacred fire »: when he got fascinated by a subject, Rodin was indeed capable of working with an unequaled zeal.

  

2 – « Sculpture, Dance and Cinema – The Moving Flame’s Poetry »

Another important idea: while bringing together old photographs, sculptures, drawings, fictional archives and choreographed sessions, Bruno Aveillan creates a singular editing, completely faithful to the way Rodin used to work with his “assemblage” technique; technique that he invented and would be so influential for the art of the twentieth century. Divino Inferno is an « assemblage » in itself; reflecting Rodin’s universe not only from a thematic point of view but within its own framework. This is why hands are so important throughout the movie; those hands that Art historian Henri Focillon used to compare to a “remarkable landscape with its hills, its great central depression, its narrow river valleys.” While seeing Rodin’s sculptures, “one looks for the two hands out of which this world has risen” wrote Rilke, adding “one longs to see these hands that have lived like a hundred hands”: the many hands that appear in the film evokes both the editing process and the making-off of sculpture, unifying cinema and sculpture in a same movement.

  

3 – « Passing on the Flame: Rodin-Aveillan »

Mircea Cantor’s performance finally, who redesigned and sculpted Rodin’s Gates of Hell using dynamite on a plexiglass plate, introduces a fruitful tension between surface and relief. While inventing a modern contoured mold of The Gates of Hell, Mircea Cantor’s gesture stirs up prevailing questions such as the possibility to create a relief effect on the two dimensional space of the silver screen. While taking the imprint of The Gates, he raises as well the question of authenticity in a world more and more surrounded by images of all kinds. Acting like this, the artist seems to collect on his plexiglass The Gates’ DNA for ever; creating a bridge between the past and the present. For all these reasons, the film is faithful to Rodin’s philosophy.

  

 

“The language of this art was the body. And this body – when had one last seen it?” regretted Rilke about Rodin’s universe. This documentary strives to transform this regret into a real epiphany. The interest of such an approach is twofold: sculpture in film is no longer an ekphrasis. On the contrary, with cinematographic means, we can understand the genesis of a sculpture from the inside: the spectator is facing a mutation from the ephemeral art of the moving image to the eternity of the statue. Conversely, after watching the movie, the way we perceive Rodin’s sculpture is no longer the same, as if they were part of uninterrupted dance. Being able to capture a movement but also to liberate it: the new symbiosis that emerges from this film reshape our perception and proves the importance of this capacity for renewal that defines cinema since its beginning.

 

Jean-Baptiste Chantoiseau

FilmForum 2018: Successful Italian Film screening of DIVINO INFERNO by Bruno Aveillan

    

The XXV Edition of the International Film Studies Conference in Gorizia (Italy) welcomed in March 2018 a successful screening of Bruno Aveillan’s film Divino Inferno. Rodin and The Gates of Hell (2017), written with Zoé Balthus. This amazing documentary movie was suggested by Jean-Baptiste Chantoiseau – who teaches Film Studies and Art Theory at the Sorbonne-Nouvelle University (Paris 3) and works at the Musée Rodin in Paris – to explore in a sensitive and sensible way this year’s theme: Cinema and Contemporary Arts. The screening took place in a beautiful and modern movie theater: Gorizia’s Kinemax.

    

Bruno Aveillan’s Divino Rodin. Rodin and The Gates of Hell  offers an unseen dialogue between sculpture, dance, photography and cinema. It proposes an unexpected portrait of the sculptor which was highly appreciated by the public. A lot of spectators discovered indeed that despite a worldwilde celebrity, the complexity and the richeness of Rodin’s artworks still needs to be explored and enlightened.

Bruno Aveillan challenges, with creativity and modernity, all the usual codes of Art Films to broaden the viewer’s perception. His starting point are Rodin’s Gates of Hell. The artist had been working on them for at least 20 years. Actually he was still  thinking and dreaming about his project when he died in 1917. As Antoinette Le Normand-Romain explains it in The Bronzes of Rodin. Catalogue of Works in the Musée Rodin (2007): “The Gates of Hell  […] are the result of a long gestation, which begun in 1880. » Between 1880 and  1890, Rodin created around 200 figures;  working feverishly on what could be seen as « the diary of his life ».

             

© On the left, view of Mircea Cantor’s Art performance. On the right, photography by Nicolas Gouhier.

Such a mysterious piece, based on a transgressive approach far from the aesthetic norms of its time, needed to be investigated with fresh eyes. What’s more, the sculptor loved to claim: “The law of beauty is not conventional.”

To do justice to the transgressive artist that Rodin used to be, Bruno Aveillan invents a new audiovisual form, melting his dancers’ bodies with Rodin’s masterpieces. Refusing the convention of the documentary genre, he includes in his film fictitious sequences to create a deep empathy with the spectator, within a synesthetic spirit in the Baudelairian sense of the word.

Above all, the editing retraces Rodin’s creation process. Rodin indeed is the one who invented modern sculpture through the creation of a “unique way of re-assembling figures” as the poet Rainer Maria Rilke said. In the same manner – but with other means and materials – Bruno Aveillan has decided to assemble a huge variety of images, giving birth to unexpected revelations and to a living artwork. This is why, according to Jean-Baptiste Chantoiseau, this film in itself is a kind of « assemblage » – which is may be the best possible way ever to be faithful to Rodin’s artistic gesture and philosophy.

The public was as well impressed by Mircea Cantor’s performance in the film. This romanian-born artist, specialised in video, animation, installation art and readymade objects created a drawing of Rodin’s Gates of Hell with a dynamite wire on a Plexiglas plate. After activating the wick, the fire gave birth to another Gates of Hell; a living one made of flames. Shooting such a performance just in front of Rodin’s original Gates of Hell enabled Bruno Aveillan to create a three-dimensional effect and then to obtain a sculptural rendering so relevant to his topic.

The relation between « what is “truth” and what comes after it », to quote the organizers’ argument, was as well  at the heart of the discussions that came after a screening particularly noteworthy and indelible.

© 2018 – Bien en place editorial team.

    

© On the left, photography by Bruno Aveillan ; on the right, by Nicolas Gouhier.

More details on:

https://filmforumfestival.it/

http://www.imagazine.it/notizie-trieste-gorizia-udine-friuli/5569

http://www.ilfriuli.it/articolo/Spettacoli/Sulla_storia_non_si_scherza,_ma_si_gioca/7/177367

Conférence de Jean-Baptiste Chantoiseau sur les couleurs primaires et l’art abstrait à la galerie Wagner / le Touquet – samedi 10 mars 2018

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Le conflit entre les partisans du dessin et ceux de la couleur a agité l’univers de la peinture des siècles durant. Raphaël versus le Titien ; Poussin versus Rubens : entre la rigueur de l’intellection et la délectation pigmentaire, prière était donnée de faire son choix. Au début du XXe siècle, le choc de l’art abstrait semble rabattre les cartes. Dans son ouvrage phare de 1912, Du Spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, Wassily Kandinsky propose des orientations nouvelles et une synthèse inédite entre la précision du dessin et la puissance du pigment : « La couleur, qui offre elle-même matière à un contrepoint et renferme des possibilités infinies, conduira, unie au dessin, au grand contrepoint pictural, s’achèvera en atteignant la composition et, devenue véritablement art, servira le Divin. Et c’est toujours le même guide infaillible qui la conduira à cette hauteur vertigineuse : le principe de la nécessité intérieure! » Un siècle plus tard, où en est-on dans cette grande aventure de l’abstraction ? En partant des œuvres récentes de Charles Bezie, Geneviève Claisse et Ueli Gantner, Jean-Baptiste Chantoiseau analysera ce saisissement pigmentaire, à même l’espace de la toile, en détaillant et interprétant les mouvements et vertiges qu’il occasionne ; entraînant le spectateur dans une balade tour à tour esthétique et spirituelle.

Film et conférence : DIVINO INFERNO made in Italia !

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C’est en Italie, le pays de Dante, qu’est projeté le mardi 6 mars 2018 le film de Bruno Aveillan Divino Inferno. Et Rodin créa La Porte de l’Enfer (2017), coécrit avec Zoé Balthus. Auguste Rodin (1840-1917) adorait l’Italie : en 1876, à l’âge de 36 ans, après une longue attente, il put enfin accomplir son rêve et découvrir Florence et Rome; villes où un Titan, s’il en est, l’attendait : Michel-Ange. Sorti en 2017 à l’occasion du centenaire de la célébration du centenaire de Rodin, le sublime film de Bruno Aveillan continue de jouir d’un accueil critique et public enthousiaste bien au-delà des frontières de l’hexagone. Après l’Institut culturel français de Barcelone en février 2018, où Divino Inferno a été projeté dans le prolongement de l’exposition El Infierno Segùn Rodin (MAPFRE/Musée Rodin), place donc à l’Italie.

Suite, en effet, à une proposition de conférence de Jean-Baptiste Chantoiseau, il sera diffusé dans le cadre du FilmForum 2018. Rendez-vous mardi 6 février, à 21 heures, au Kinemax Gorizia, Piazza Vittoria 41, Gorizia, Italie, pour découvrir ou redécouvrir ce chef-d’œuvre dans sa version anglaise.

Le film sera précédé d’une conférence en anglais de Jean-Baptiste Chantoiseau (université Sorbonne Nouvelle-Paris 3) : « Dancing with Fire. When Bruno Aveillan Rekindles Rodin’s Flame (1917-2017) » – Università di Udine, Polo Santa Chiara, Via Santa Chiara 1, Gorizia.

http://www.imagazine.it/notizie-trieste-gorizia-udine-…/5569

La rédaction de Bien en place.

Succès de la projection du film « AZAR » (2017) avec Niki Karimi

       

La star iranienne Niki Karimi était présente à Paris pour les deux séances de la projection, organisée par la société ECRAN D’ARGENT en partenariat avec l’association BIEN EN PLACE, du film Azar (2017) du jeune réalisateur Mohammad Hamzei. Le scénario a offert à l’actrice un rôle de femme forte : une épouse, dont le mari est emprisonné, continue à se battre pour vivre, faire tourner le commerce familial et tenter d’obtenir une libération. Niki Karimi elle-même sait bien ce que le mot « battant » signifie : comédienne, réalisatrice et productrice, elle a déjà plus de 20 films à son actif. Elle est aussi linguiste, traductrice et photographe. Son premier long-métrage, « Une nuit » (2004) a été sélectionné au festival de Cannes, dans la section « Un Certain Regard ».

    

La projection événement de « Azar »s’est déroulée le dimanche 14 janvier 2018, dans le magnifique Club de l’Etoile (Paris 17e) qui avait déployé pour l’occasion son tapis rouge.

Niki Karimi connaît déjà bien la France ; c’est en effet en 1992 qu’elle a remporté l’une de ses récompenses de « meilleure actrice » au festival de Nantes. Plus récemment (2011), le musée Guimet lui a décerné une récompense pour le film Final Whistle.

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La star s’est prêtée à des séances de poses avec ses nombreux admirateurs et admiratrices. Le public est tombé sous le charme du charisme et du talent de cette actrice dont l’aura dépasse les frontières de l’Iran.

      

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Après la récompense du film Un homme intègre en 2017 à Cannes (« Un Certain Regard »), la vitalité du cinéma iranien ne se dément pas en France, ce que cette séance complète a de nouveau prouvé.

  

D’autres événements viendront poursuivre ce cycle de projections-débats en 2018.

    

Ecran d’argent : https://www.facebook.com/Ecran-dargent-139046130106942/

« Now you can see them » : Richard Dyer et « Jack the Ripper » de passage à Paris

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Richard DYER à l’université de Nanterre le 3/02/18 pour le séminaire du CICLAHO – photo Maziar Razaghi Chantoiseau

Insaisissable, international, terrifiant ou fascinant : Jack l’Eventreur fait partie intégrante de ce Panthéon de figures mythiques qui hantent la littérature, les arts visuels et le cinéma depuis trois siècles à présent. Spécialiste renommé en « cultural and visual studies » et auteur d’une pléiade de livres de référence tels Stars (1979), Now you see it, Studies on Lesbian and Gay Film (1990 ; réed. en 2003 avec une postface de Julianne Pidduck), The Culture of Queers (2002) ou bien encore In the Space of Song (2012), le professeur Richard Dyer est revenu sur cette figure légendaire dans le cadre du séminaire du CICLAHO à l’université Paris X – Nanterre, animé par Anne-Marie Paquet-Deyris, Serge Chauvin et Anne Crémieux.

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Depuis les crimes survenus dans le district londonien de Whitechapel en 1888 – et les récits journalistiques qu’ils suscitèrent – jusqu’aux représentations théâtrales et films récents, le « serial killer » peut-être le plus connu au monde a inspiré diversement artistes et écrivains, pour le meilleur… et parfois aussi pour le pire. En s’intéressant de plus près aux expériences filmiques – séquences à l’appui – Richard Dyer a démontré combien le meurtre et l’angoisse s’inscrivent dans un spectacle (SHOW) qui obéit, certes, à des normes (le brouillard, l’apparition puis l’évanescence de Jack, le jeu des ombres et profils…) mais qui connaît, aussi, des variantes révélatrices de sensibilités artistiques, géographiques et esthétiques différentes. De l’expressionnisme, avec ses jeux de surimposition, au musical en passant par la comédie et la satire, Jack l’Eventreur a été mis en scène , interprété et ré-interprété dans des directions tellement diverses et variées que ce corpus composite, considéré comme un ensemble, en vient à former un paysage pour le moins bigarré, où règne incontestablement une inquiétante étrangeté dont la figure de Jack reste la principale cause.

Ce meurtrier – réel ? imaginaire ? – semble aussi propre à susciter tout un imaginaire fantasmatique où la sexualité (SEX) occupe le premier plan. En dépeignant le meurtre comme un acte sexuel, délivrant pour le serial killer un plaisir comparable à celui de l’orgasme, les artistes, à partir de la figure de Jack l’Eventreur, ont donné vie à des univers esthétiques sous l’emprise du masochisme et de la perversion : les « queer moments », parfois empreint d’homoérotisme, s’y avèrent être légion!

Dernier terrain d’investigation pour Richard Dyer : la question de la classe sociale (CLASS),  qui loin de n’être qu’une simple toile de fond semble obséder écrivains, journalistes, artistes et plus généralement le public. Tout porte à croire que Jack l’Eventreur serait un homme respectable, peut-être issu des plus hautes sphères du pays (la famille royale est ainsi souvent évoquée); un homme dans lequel il serait impossible d’identifier de prime abord un meurtrier – à la façon du docteur Jekyll et de Mister Hyde. A moins qu’il ne s’agisse d’un dangereux immigré, d’un inconnu de passage ou d’un déshérité des basses couches de la société et dont les meurtres horribles refléteraient ce que personne n’est disposé à voir: la précarité et la misère financière et mentale dans lesquelles vivent toute une partie de la population.

De bien des façons, le phénomène « Jack l’Eventreur » exprimerait  le retour d’un refoulé désormais impossible à contenir et qui se répandrait sur des écrans bientôt envahis par une angoisse ulcérante… pour le plus grand bonheur des spectateurs, mais aussi des auditeurs de Richard Dyer qui, une fois n’est pas coutume, a su offrir un exposé vivant, passionnant et inspirant. La fascination pour « Jack l’Eventreur » n’est donc pas prête de s’éteindre.

Jean-Baptiste Chantoiseau

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Affiche Loulou    Affiche Waxwork  Affiche Jack l'éventreur

Photos Maziar Razaghi Chantoiseau

 

http://crea.parisnanterre.fr/ciclaho-groupe-de-recherche-sur-le-cinema-classique-hollywoodien-et-ses-evolutions-cinematographiques-et-televisuelles-646122.kjsp?RH=1450188312386

 

De Bologne à Paris : rendez-vous avec Richard Dyer… and Jack the Ripper!

Historien et théoricien du cinéma reconnu, entre autres, pour ses travaux sur les représentations de l’homosexualité à l’écran, Richard Dyer est en conférence ce samedi 3 février 2018 à l’université de Nanterre dans le cadre du CICLAHO (groupe de recherche sur le cinéma classique hollywoodien et ses évolutions cinématographiques et télévisuelles), dirigé par Anne-Marie Paquet-Deyris, Serge Chauvin et Anne Crémieux. Professeur à King’s College à Londres, Richard Dyer est l’auteur d’un très grand nombre d’essais et de livres qui font date dans le domaine des cultural et queer studies.

Il y a quelques mois, en septembre 2017, nous l’avions rencontré dans le cadre du 23e colloque international de la SERCIA à Bologne, en Italie, sur le thème « That’s Entertainment! Spectacle, Amusement, Audience and the Culture of Recreation in the Audiovisual Contexts of English-Speaking Countries ». Après avoir questionné, de manière symétrique, les rapports « entertainment » / « art »  et « représentation » / « affect », Richard Dyer a proposé une approche originale de l’espace de l’entertainment en s’appuyant sur de riches analyses d’une séquence de la comédie musicale On the Town (1949) de Stanley Donen et Gene Kelly puis en passant au peigne fin l’ouverture de Shaft (1971) de Gordon Parks. Quitte à susciter parfois un plaisir coupable (« guilty pleasure »), comment le divertissement parvient-il à investir puis à se répandre dans l’espace, inspirant parfois un sentiment d’inquiétante étrangeté ? Sous les apparences d’un spectacle à l’état pur, se dévoilerait aussi, en vérité, une manière de percevoir et de dominer le monde : Richard Dyer attire l’attention sur les enjeux politiques et sociaux de tout divertissement, tant il est vrai qu’il ne saurait exister de jeu innocent.

Pour ce samedi 3 février, nul doute, à nouveau, que le thème annoncé, « Jack the Ripper in European Film »,  ne réserve de belles surprises !

Rendez-vous à 9h30, à l’Université Paris Nanterre (RER ligne A, station « Nanterre-Université », à 12mn de Châtelet). La conférence se déroule dans la salle des conférences du  Bâtiment B, au rez-de-chaussée.

Au programme :

A/ Kristian Feigelson & Giulia Battaglia : « Autour du cinéma indien :  de Bollywood au cinéma documentaire indépendant »

B/ Richard Dyer : « Jack the Ripper in European Film »

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Avec Richard Dyer à l’occasion du 23e colloque international de la SERCIA,

Bologne, 7-9 septembre 2017.