Auteur : bienenplace

Docteur en études cinématographiques et enseignant à Paris 3 ; écrivain ; éditeur au musée Rodin

« Light Odyssey » de Vanecha Roudbaraki par Bien en place

La peintre Vanecha Roudbaraki a inauguré, le 29 janvier 2022, son exposition « Light Odyssey », dans le 18e à Paris, en compagnie de nombreuses personnalités dont son Excellence l’Impératrice d’Iran Farah Pahlavi. Organisé par l’association Bien en place, cet événement, qui s’est tenu du 30 janvier au 6 février à la galerie 18bis, a rencontré un grand succès public. Raphaël Chantoiseau (ci-dessous à droite), président de Bien en place et à l’initiative de ce projet avec Vanecha Roudbaraki, s’est félicité de ce résultat, fruit d’un beau travail d’équipe.

Pour le commissaire Jean-Baptiste Chantoiseau (ci-dessus à gauche), conservateur du patrimoine, il s’agissait de mettre en avant l’importance de la lumière dans l’oeuvre d’une artiste qui s’inscrit dans un héritage pictural remontant aux Impressionnistes ; filiation à laquelle elle est loin, pourtant, de se limiter. La couche picturale dans ses toiles, toujours dense et généreuse, constitue un vibrant hommage à la matière; une matière que l’on savoure à la façon des critiques d’art du XVIIIe siècle français qui déclaraient aimer « fruiter » un tableau comme on savoure la pulpe d’un fruit bien mûr. Cette générosité et cette gourmandise font partie intégrante d’une exposition placée sous le signe de la nature, des fleurs – notamment des coquelicots si chers aux peintres de Barbizon – des arbres, du ciel et de la danse. Vanecha Roudbaraki prend le temps d’observer la nature, répondant à l’appel de Rodin qui déplorait que personne ne prenne jamais le temps de regarder les arbres.

Jean-Baptiste Chantoiseau, commissaire de l’exposition, faisant visiter à sa Majesté l’Impératrice d’Iran Farah Pahlavi l’exposition « Light Odyssey » de Vanecha Roudbaraki.

La peinture de Vanecha Roudbaraki est aussi une invitation à une aventure spirituelle. Dans la lignée de Vladimir Kandinsky, la couleur provoque une sensation et incite à une quête spirituelle. Les lignes qui ondulent et le jeu avec la perspective sont pour l’artiste autant de moyens d’inciter le spectateur à entrer en connexion avec l’oeuvre en se laissant emporter par les mouvements qui l’animent.

Bruno Aveillan et Inna Zobova ont illuminé de leur présence le vernissage de l’exposition « Light Odyssey » de Vanecha Roudbaraki, sous le commissariat de Jean-Baptiste Chantoiseau/Bien en place. Les récents foulards – ailes de soie, élaborés par Inna Zobova dans le cadre de la marque Innangelo, redoublent de grâce et de raffinement. Ils ont été particulièrement appréciés par sa Majesté Impériale Farah Pahlavi, éternelle amoureuse de l’art et des belles choses.

Membre d’honneur de Bien en place, la chanteuse iconique Haylen a révélé, devant sa Majesté Impériale Farah Pahlavi et guitare en main, une chanson inédite ! Un moment précieux en émotion lors du vernissage « Light Odyssey ». Merci, très chère Haylen, pour ta présence irremplaçable et cette interprétation qui ont illuminé ce vernissage inoubliable.

‎ [ما با عشق و صمیمیت و احترام، برای زیر قدمهای شهبانوی عزیزمون قالی بافتیم . به واسطه عشق به ایشون با هم متحد شدیم تا بتونیم پیش بریم و سربلند بشیم ]

Ali Mahdavi, artiste pluridisciplinaire de renommée internationale, nous a fait l’honneur de sa présence au vernissage de l’exposition. À cette occasion, il a pu s’entretenir avec sa Majesté Impériale Farah Pahlavi, qui a tant fait pour l’art et les artistes en Iran. Avoir un créateur aussi inspiré, transgressif et perfectionniste qu’Ali Mahdavi fut pour Bien en place un honneur et un motif de joie. 

Magicien de la lumière mondialement reconnu, l’ingénieur de l’image Darius Khondji, dont il est impossible de citer tous les innombrables films, n’a pas résisté à l’invitation à cette lumineuse odyssée picturale. Son dialogue avec sa Majesté Impériale Farah Pahlavi a été empreint d’une grande émotion.

Rendez-vous le mardi 8 mars 2022 pour la poursuite de cette incroyable odyssée dans les soubassements de l’église de la Madeleine, 75008 Paris.

La rédaction de Bien en place.

Happy Birthday Haylen, de la part de Bien en place !

Toute l’équipe de Bien en place est heureuse de souhaiter un très bel et heureux anniversaire à notre très chère Haylen !

Membre d’honneur de Bien en place, la chanteuse iconique a révélé le 29 janvier 2022, devant sa Majesté Impériale Farah Pahlavi et guitare en main, une chanson inédite. Un moment précieux en émotion lors du vernissage « Light Odyssey » de Vanecha Roudbaraki, commissariat Jean-Baptiste Chantoiseau et Raphaël Chantoiseau, président de Bien en place.

Ce moment fut d’autant plus émouvant qu’Haylen vient de donner naissance à une petite Niousha. La reine Farah Pahlavi a accepté avec joie de poser avec le bébé dans ses bras, entourée des heureux parents Haylen et Kevin, devant l’appareil de Samina Seyed, qui signe ici une photographie magique et immortelle.

On reconnaît derrière eux un spectaculaire paysage de Vanecha Roudbaraki, celui qui fut sélectionné pour l’affiche de son exposition dans le 18e à Paris, qui a rencontré un grand succès.

Merci, très chère Haylen, pour ta présence irremplaçable et cette interprétation qui ont illuminé ce vernissage inoubliable. Et un grand merci à sa Majesté Impériale Farah Pahlavi pour sa participation à ce vernissage, où sa grande culture, son humanité et sa gentilesse ont donné vie à des instants à jamais gravés dans nos cœurs.

La rédaction de Bien en place – Photographies Samina Seyed – insta : saminasyd

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Vernissage expo Vanecha Roudbaraki, « Light Odyssey », samedi 29 janvier, 18 h. / Paris 18

BIEN EN PLACE a le plaisir de vous inviter à un vernissage-événement :
Vanecha RoudbarakiLight OdysseyExposition – concept « Artist studio »par Bien en placeDu 29 janvier au 6 février 2022Au 18 Bis6, place de l’Assommoir, 75018 Paris
Vernissage Samedi 29 janvier, 18 h. – 22 h.Sur inscription : assobep@gmail.com / 07 86 52 42 13

Horaires du 30 janvier au 6 février : Du lun. au ven. 10 h. – 19 h.Sam. 10 h. – 20 h. / Dim. 10 h. – 18 h.

Visites uniquement sur rendez-vous (email/tél. ci-dessus)
Vanecha Roudbaraki est une artiste peintre d’origine iranienne qui vit et travaille en France depuis plus de 30 ans. Ses œuvres, au chromatisme vibrant, témoignent d’une recherche spirituelle et sensorielle intense. Venez découvrir ses toiles, inédites pour la plupart, où une lumière intense devient source d’harmonie et de vitalité. Cette odyssée, dans une époque troublée, nous convie à un retour à l’essentiel.

Nous avons hâte de vous accueillir ! 

Merveilleux, ambitieux, délicieux, copieux : vive 2022 !

Toute l’équipe de Bien en place vous souhaite des mois merveilleux, ambitieux, délicieux et copieux pour 2022. La recette du succès : santé, créativité et sérénité. Nous avons hâte de partager avec vous idées, événements, propositions de sorties et projets ! Nous restons à votre écoute via les réseaux sociaux et sur le mail assobep@bienenplace. Rejoignez-nous via nos pages Instagram & Facebook.

L’année 2022 sera marquée par notre collaboration avec l’artiste Vanecha Roudbaraki. Peintre aux talents multiples d’origine persane, elle aime recourir, dans ses tableaux, à une touche vibrante qui confère à l’espace une spiritualité et une sensibilité touchante. Nous vous ferons découvrir ou redécouvrir son travail et vous annoncerons les vernissages et expositions de celle qui est devenue, cette année, membre d’honneur de Bien en place.

Première édition du Salon du Coquelicot avec l’Impératrice Farah Pahlavi et Vanecha Roudbaraki à Chambourcy

Mardi 19 octobre 2021, la première édition du Salon du Coquelicot de Chambourcy, orchestré d’une main de maître par Vanecha Roudbaraki sous l’égide de l’association Iranian Artists, a connu un finissage tout aussi magistral avec la présence de Sa Majesté Royale Farah Pahlavi. L’Impératrice a honoré de sa présence Vanecha Roudbaraki, qu’elle suit et soutient depuis de nombreuses années, ainsi que tous les artistes iraniens représentés à cette exposition riche et créative, avec des oeuvres présentes physiquement mais aussi virtuellement via la technologie NFT. Elle a aussi pu découvrir la richesse du patrimoine de Chambourcy à l’invitation de son maire, Pierre Morange.

Les paysages de Vanecha Roudbaraki ont donné un souffle d’air et de lumière à la salle Hubert Yencesse où le Salon s’est tenu grâce au soutien de la mairie de Chambourcy. Très inspirée par sa pratique quotidienne de la méditation, l’artiste recourt à une touche vibrante qui confère à l’espace une spiritualité et une sensibilité touchante. La matière – montagnes enneigées, prairies herbeuses, fleurs sauvages et ciel lumineux – se retrouve prise dans un même élan grâcieux. La contemplation de ses tableaux procure un sentiment de paix intérieure qui, par les temps troubles que le monde traverse, en vient à constituer un engagement en faveur d’une paix intérieure et, plus généralement, universelle.

C’est dire combien une dimension symbolique existe dans l’univers de cet artiste qui peint, depuis plus de trente ans, avec passion mais aussi avec une certaine foi en la vie. Sous son pinceau, les formes germent, se régénèrent. L’impulsion puissante qui traverse certains pans de ses tableaux est toujours contrebalancée par une absolue maîtrise de son métier et la volonté de rechercher un équilibre; attitude qui pourrait être interprétée comme la recherche d’un mimétisme avec la nature, où tout n’est que changements, décomposition et recomposition à des fins d’harmonies nouvelles. Pour parler à l’esprit, encore faut-il parler aux sens, ce que Vanecha Roudbaraki a parfaitement compris : dans ses créations, la couche picturale est épaisse et généreuse; ses fleurs débordent de vie et de vitalité à tel point que l’on aimerait à « croquer » le tableau, à l’instar de ces critiques artistiques qui, au XVIIIe siècle, affirmaient aimer « fruiter » l’oeuvre et la savourer avec les yeux.

La présence de sa majesté Farah Pahlavi, accompagnée de son conseiller culturel Darius Shafa, à cet événement a représenté une reconnaissance pour Vanecha Roudbaraki ainsi que pour toutes les femmes et les hommes artistes iraniens : Azad Amin, Ehsan nasri, Meysam Ahmadi, Mina Mouhebati, Noushin Bodaghi, Samaneh Liaghat et Vahid Tehranchi, tous les membres de l’association Iranian Artists. Diplômée en architecture, membre de l’Académie des Beaux-Arts, l’Impératrice est, de longue date, une grande défenseuse de la langue persane, des arts et des artistes. Non contente de soutenir l’Orchestre symphonique de Téhéran et l’Opéra, elle créa en 1967 le festival des arts de Chiraz. C’est aussi grâce à elle que les plus grandes oeuvres de l’art contemporain du XXe siècle ont été acquises par son pays. C’est donc en connaisseuse éclairée que Shahbanou Farah Pahlavi a pu admirer portraits photographiques, visages féminins criant en signe de lutte et de résistance, paysages, compositions calligraphiées, espaces mêlant le minéral et l’animal. Ouverte aux nouvelles technologies, l’Impératrice a pu admirer des oeuvres en NFT – non-fungible token : ces créations, existants seulement en format numériques, peuvent être acquises et donnent lieu à un authentique certificat de propriété pour l’acquéreur. Synonyme de dynamisme pour le marché de l’art, en cette période sanitaire complexe, et de circulation des créations, les NFT constituent l’un des futurs possibles pour les artistes ; aussi Chambourcy est-elle à la pointe de l’innovation avec son Salon du Coquelicot.

L’association Bien en place par le biais de son président Raphaël Chantoiseau et de Jean-Baptiste Chantoiseau, élève-conservateur du patrimoine, sont fiers d’avoir pu être associés à cet événement qui a aussi permis de découvrir les savoureuses créations culinaires de la société Persédélices et d’entendre la chanteuse de jazz Eleonore Langelier. Tous nos remerciements à Pierre Morange, maire de Chambourcy, Caroline Doucet, maire-adjointe déléguée à la culture ainsi qu’à tous les artistes, à Vanecha Roudbaraki et bien sûr à son Altesse royale Farah Pahlavi, dont les mots, le sourire et la générosité ont marqué à jamais cette soirée inoubliable, qui donna aussi l’occasion à l’assistance de lui souhaiter un bel et heureux anniversaire.

La rédaction de Bien en place

Présentation du catalogue PICASSO RODIN

Présentation du catalogue d’exposition « Picasso Rodin » dans les bureaux de Gallimard.

Une occasion unique pour revenir sur les biographies de ces deux génies incarnant, plus que tout autre, leur art à une échelle universelle : la sculpture et la peinture. Un sondage, en 1999, pour Le Parisien/CSA, affirme que l’artiste le plus représentatif du XXe siècle pour les Français serait Picasso. En contrepoint, Rodin est probablement le sculpteur qui incarne le mieux la sculpture dans l’imaginaire collectif.

Mais ces deux génies, considérés désormais comme des figures établies, ont tous deux été plutôt décriés de leur vivant, aussi bien par la critique que par le public : ils étaient alors loin de susciter l’unanimité dont ils jouissent aujourd’hui. Du scandale de L’Âge d’airain en 1877 à celui du Palais des Papes à Avignon en 1973, s’écrit une histoire mouvementée faite d’expérimentations, d’audace et de polémiques.

Travailleurs inlassables, amoureux de la matière et de la nature, ils n’ont eu de cesse de jouer avec toutes sortes de composants et de textures, refusant l’académisme tout comme les préjugés de leur temps. Ils sont restés deux artistes résolument vivants et toujours en soif de dépassement.

Le catalogue propose d’entrer, avec beaucoup de textes inédits, d’images et d’annexes originales, dans le laboratoire de la création de Picasso et de Rodin et de redécouvrir les secrets de la genèse de leurs oeuvres à la lumière de ce dialogue inédit : Picasso/Rodin. Inspiration végétale, animale, univers organique, biomorphisme : toutes ces thématiques sont explorées avec le souci de mettre en avant la manière avec laquelle chacun a su se libérer des règles. Goût pour le fragment, la série, la multiplication, l’agrandissement : Rodin a inventé de nouvelles manières de travailler qui ont eu des conséquences déterminantes pour le XXe siècle ; processus que Picasso va amplifier avec la prolixité qu’on lui connaît. Du naturalisme à l’expressionnisme, de Cézanne au cubisme, ils n’hésitent pas à dessiner un chemin dont la liberté est l’étalon.

Ce très beau livre de 368 pages, qui a nécessité près de deux ans, est plus que jamais disponible, à l’approche des fêtes de fin d’année. Découvrez l’exposition événement jusqu’au 2 janvier 2022 au musée Rodin et jusqu’au 6 mars 2022 au musée Picasso. #museerodin #museepicasso #rodin #picasso #exposition #gallimard #beauxlivres #catalogue #livredart #éditeur #conservateursdupatrimoine #jeanbaptiste_chantoiseau #bienenplace

La rédaction de Bien en place

Sandro Kopp’s « New Abstracts » at RG Gallery

Night on Earth, at the RX Gallery Marais more precisely, to rediscover the vibrant and poetic world of @sandrokopp. Surrounded by powerful orange waves, bodies and minds were connected to dreams, visions and fantasies, moving like white shadows on a red and yellow ocean, metamorphosing itself following the ebb and flow of Sandro Kopp’s inspiration. 

Thank you so much Sandro for this kind invitation and for such an artistic night. We are so blessed and grateful to Denise @wendelporay for her warm and nice welcome. After a sweet evening at the Palais des Lumières during Cannes Festival and far beyond the words, it was a true pleasure and honor to see again our dearest @swinton.tilda .Positive vibes have been exchanged with  @alimahdaviparis@louboutinworld@yasminehamdan@leopoldinehd@mrlarsparis@harrisonwakley and @marcellofarabegoli 

Congratulations Sandro for these hours full of grace and creativity. Bravo to Denise Wendel-Poray and RX Gallery team. Photographies by our dear Jin Yang / @3mushroom .
@fcolsaboulanger@a.rstl@xutengchan@galerierx@ericdereumaux@gfajer

#CarteBlanche à Denise Wendel-Poray, qui invite @sandrokopp à la @galerierx, Paris ✨

« New Abstracts » by @sandrokopp
sous le commissariat de @wendelporay / #curated by @wendelporay
jusqu’au 25 septembre / until September 25th
📍 @galerierx – Paris

🇫🇷 : Une série de cinq nouvelles peintures abstraites de l’artiste allemand Sandro Kopp est exposée à la Galerie RX du Marais à partir du vendredi 3 septembre. Elles sont le résultat de sa collaboration au nouveau film de #WesAnderson, THE FRENCH DISPATCH, qui donne vie à une collection d’histoires tirées du dernier numéro d’un magazine américain publié dans une ville française fictive du XXe siècle.

🇬🇧 : On show at the Galerie RX Marais opening Friday 3 September are a series of five new abstract paintings by German artist Sandro Kopp. They are the result of his collaboration on Wes Anderson’s new film, THE FRENCH DISPATCH, which brings to life a collection of stories from the final issue of an American magazine published in a fictional 20th-century French city.
— #artwork : #SandroKopp, Study IV, 2021, Huile sur toile et technique mixte, 190 x 120 cm
✉ #request : Emmanuelle Pascual, collection@galerierx.com

CANNES 2021 – « Tre Piani », palme du coeur pour Bien en place

Comme tous les ans, la rédaction de BIEN EN PLACE a préparé son classement de ses dix films préférés au Festival de Cannes, qui sera bientôt publié. A côté de cette liste, un long-métrage est élu comme « palme du coeur » pour souligner l’émotion qu’il a suscité lors de son visionnage au Grand théâtre Lumière. Et quel émoi fut celui de la salle entière lors de la présentation, en avant-première, du nouveau Nanni Moretti : Tre Piani (trois étages).

Il y a longtemps qu’une création de Nanni Moretti n’avait pas provoqué un tel enthousiasme et des larmes sincères. Le réalisateur italien a su proposer un film choral qui prend en otage son spectateur, bientôt proches des personnages comme s’ils étaient issus de sa propre famille. La multiplicité et le croisement des intrigues relèvent du brio et la manière dont Nanni Moretti orchestre l’action et dirige ses actrices et acteurs ne manquent pas d’élever l’empathie à un très haut degré.

« Tre piani » est adapté du roman de Eshkol Nevo qui retrace les destins de trois familles vivant dans un même immeuble, à trois étages différents. Le film s’ouvre sur un accident spectaculaire qui donne le ton d’un récit où les implications des uns et des autres, les comportements, les gestes et folies provoquent des conséquences irrémédiables. Le réalisateur a su capter, avec finesse, attitudes, regards et non dits : il prend le temps de faire vivre ses personnages et nous respirons avec eux. C’est presque un luxe à l’heure où les films se livrent souvent à une surenchère rythmique.

Mais le vrai accident n’est pas celui qu’on croit : le film entier repose sur le doute, hors de contrôle et totalement infondé, d’un père sur une action impardonnable – un viol – qu’un grand-père de son immeuble aurait fait subir à sa fille. C’est bel et bien cette suspicion irrationnelle, mais psychiquement ancrée au plus profond d’un homme pourtant sincère et généreux, qui va entraîner une suite de séquences savamment distillée tout au long du récit.

Nanni Moretti ne s’interdit pas non plus des envolées lyriques : une revenante rousse, chère, tendre et disparue, qui passe à l’instar d’un ange; une foule qui se met à danser en cadence dans la rue… C’est fellinien mais sans excès, d’une poésie touchante. Une très grande réussite donc pour Nanni Moretti, qui avait déjà reçu la palme d’or en 2001 pour « La chambre du fils » – d’où peut-être l’absence au palmarès de ce film, très réussi mais au demeurant classique pour un jury ayant privilégié l’audace et la transgression.

La rédaction de Bien en place

Cannes 2021 : les impressions d’Esther Heboyan

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J’étais tellement pressée d’arriver à la première séance du Festival de Cannes 2021 (The Story of Film : A New Generation, un documentaire de Mark Cousins qui se révélera fort intéressant) que je suis arrivée avec une heure d’avance, ce qui a déclenché le rire d’un vigil. Il m’a fait remarquer qu’il n’était que 13h50 et non pas 14h50. Effectivement, où avais-je la tête ? Dans les étoiles, sans doute. Dans la grande roue qui ne transporte personne, semble tourner au gré du vent dans le lointain. Dans les parasols blancs géants de la terrasse réservée à la presse.

Sur la terrasse du troisième étage, il n’y a presque personne à cette heure-ci. Il fait une belle chaleur. Une journaliste interviewe une personnalité que je ne reconnais pas, à l’abri des regards, dans le coin le plus éventé de la terrasse, et heureusement à l’ombre – belle trouvaille. Une hôtesse remarque une dalle mal posée. De suite arrivent des techniciens qui éliminent toute trace de dangerosité. On entend parler italien, allemand, anglais. On entend des scies électriques aussi. Les toutes dernières installations. Cannes avant le glamour de la soirée d’ouverture avec la projection de la comédie musicale Annette de Leos Carax (en fait, une tragédie musicale un peu tirée par les cheveux et des pantins qui vivent et meurent d’amour et de poses amoureuses, de chants et de solitude).

Devant le Palais du Festival les gens s’attroupent. Pour apercevoir on ne sait qui, imaginer on ne sait quoi, se photographier entre soi, pour soi, ah, le fameux selfie au pied des marches, le corps contre les barrières métalliques de la Croisette. Le père photographie sa fillette d’une douzaine d’années, l’homme sa compagne qui prend une pose à la Monica Vitti. Monica Vitti – qui s’en souvient aujourd’hui ? Le photographe professionnel, lui, fait des photos d’ambiance, n’a pas de temps à perdre, me dit de passer d’un ton désagréable. Il faut comprendre : passer vite, car lui aussi doit passer. On n’est pas là pour l’éternité.

Le matin, j’ai croisé une jeune journaliste espagnole. Elle s’appelle Aïda. C’est sa troisième expérience sur la Croisette. Elle s’inquiète un peu du déroulement des événements. Le covid-19 y est sans doute pour quelque chose. Coïncidence : sa mère s’appelle comme moi. Le monde est non seulement petit, mais il est aussi origami. On plie, on replie, on multiplie des pliages en triangles, des pliures au centre, les signes et symboles. L’espace d’un regard ou d’un souvenir, le monde se raconte en mêmeté.

Mais le monde à Cannes n’est plus le même. Même s’il y a toujours les marches rouges du Palais et les marches blanches du Grand Théâtre Lumière. Même si l’on attend Jodie Foster (l’enfant-star de Taxi Driver devenue grande, actrice, réalisatrice, productrice et toujours amoureuse de sa compagne), Spike Lee (déjà président du jury de l’inexistant festival 2020, fier en 2021 d’être le premier président afro-américain de l’histoire du festival), Isabelle Huppert (venue pour une Master Class, tandis que son petit-fils Gabriel Merz Chammah est venu pour Les Intranquilles de Joachim Lafosse), Marco Bellocchio (l’anticonformiste a bien mérité sa Palme d’Honneur), Charlotte Gainsbourg (dont on va projeter Jane par Charlotte et qui en traversant le hall se retourne et demande à Jane Birkin si ça va). 

Non, le monde à Cannes n’est plus le même. Covid-19 & Plan Vigipirate obligent, l’entrée du Palais est soumis à un protocole tant sanitaire que sécuritaire qui requièrent une patience d’aéroport. On fait la queue trop souvent et trop longtemps au soleil, une ou deux marquises ici et là pour créer de l’ombre ? On présente son badge d’accréditation, normal, rien à dire. Quelques mètres plus loin, on montre son certificat de vaccination ou son test PCR, ce qui est devenu la norme et qui vaut quelques déboires à des touristes étrangers mal informés. Arrive l’étape de la fouille et là il y a beaucoup à dire. Avant le portique de sécurité, les sacs sont fouillés, le contenu des sacs trifouillé, la faille hygiénique dans toute sa beauté. Car d’une fouille à l’autre, les mains ne sont pas désinfectées. On voudrait prier le ciel, la mer, la terre et la Bonne Mère d’Hafsia Herzi…

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À Cannes, il y a tant de films à voir, tant de films que je ne verrai pas faute de temps. Tant de films qui intriguent ou qui sonnent comme des promesses. Rien que par leur titre : Blue Bayou (qui fait songer à la merveilleuse chanson de Linda Ronstadt),  Piccolo Corpo (à répéter à l’envi, ricochet à la surface de l’eau, rebond à travers les feuillages), Verdens Verste Menneske (comme un croisement de l’allemand et de l’anglais, magie sonore des langues d’Europe du nord), Bergman Island (l’île de Farö dans la mer Baltique où Ingmar Bergman vécut d’amours et de cinéma à la Bergman), Les Intranquilles (comme une ode au chagrin). Et mon Prix spécial du meilleur titre à Cannes va à Les Intranquilles de Joachim Lafosse. Titre à la fois sobre et abyssal.

Cannes, un festival de stars qui ne sauraient décevoir (quoique…), Tim Roth, Adam Driver, Tilda Swinton, Sean Penn, Marion Cotillard… Le Prix d’interprétation masculine pour l’Américain Sean Penn ? Pourquoi pas ? Mais le Norvégien Anders Danielsen Lie, fascinant dans Verdens Verste Menneske, le mérite tout autant. Tout comme le Japonais Hidetosho Nishijima dans Drive My Car (tiens, le titre original est occulté !) et l’Anglais Josh O’Connor dans Mothering Sunday (tiens, le titre original est conservé !).

Chez les actrices, il y a celles qui livrent de multiples performances dont Léa Seydoux dans 4 films, annonce-t-on : France, The French Dispatch, L’histoire de ma femme, Tromperie. 2021 pourrait être l’année Léa Seydoux. Il y a celles qui, dès les premières minutes du film, vous emportent dans leur monde intérieur : Odessa Young et Olivia Colman dans Mothering Sunday, Achouackh Abakar et Rihane Khalil Alio dans Lingui, les liens sacrés, Mia Wasikowska et Vicky Krieps dans Bergman Island, Leïla Bekhti dans Les Intranquilles. Mais pour le Prix d’interprétation féminine, mon cœur balance entre la Finlandaise Seidi Haarla de Compartiment No. 6 et la Norvégienne Renate Reinsve de Verdens Verste Menneske (choix du Jury au final).

Côté réalisateurs, le programme du festival 2021 prépare à la découverte de nouveaux talents ainsi qu’à des retrouvailles avec des talents confirmés. Ces derniers pourraient à nouveau surprendre, séduire (quoique, là aussi…). Sean Baker qui, après le génial The Florida Project, revient avec Red Rocket décrivant cette fois-ci les miséreux du Texas – ça démarre bien, mais on reste sur sa faim. Wes Anderson, maître absolu dans Grand Budapest Hotel, présente The French Dispatch d’après des reportages fictifs sur la France – l’affiche du film déjà un gage d’originalité. On compte sur Carax, Verhoeven, Farhadi, Weerasethakul, Audiard, Dumont, Bercot, Moretti. Jusqu’au dernier jour du festival, il faut faire des choix. Titane de Julia Ducournau, l’épouvante à la Cronenberg, pas noté sur mon agenda. Pour ce qui est des horreurs commises par l’humain, Nitram de Justin Kurzel fera l’affaire.

Un regret, celui de n’avoir pas vu Ripples of Life (très beau titre à la Walt Whitman, mais qu’en est-il en chinois ?) de Wei Shujun. Du cinéma qui parle de cinéma, des étapes avant le tournage. Il y a du François Truffaut dans l’air de Chine. Comment ne pas penser à La nuit américaine ? La sélection de la 74ème édition semble avoir retenu l’art et la création comme motifs narratifs. À titre secondaire dans Les Intranquilles (peinture), Verdens Verste Menneske (photographie), Compartiment No. 6 (vidéo, photographie). À titre principal dans Bergman Island (cinéma), Mothering Sunday (littérature), Drive My Car (théâtre), Annette (musique, stand-up à la Lenny Bruce), Le genou d’Ahed (cinéma), The Souvenir II (cinéma).

Alors, on se pose cette question : qu’est-ce que le cinéma ? Un art de l’illusion qui vous donne du rêve à voir sur un écran ? L’écran géant d’une salle obscure. L’écran de télévision. L’écran d’ordinateur ou de téléphone portable. Ah, le streaming ou visionnage à la demande que d’aucuns aimeraient snober, pire, carrément éradiquer ! C’est peine perdue, avis aux organisateurs de festivals ! Inutile de demander à Steve McQueen si Lovers Rock dans la sélection Cinéma de la Plage, déjà diffusé par la BBC et disponible sur Amazon Prime, sera un jour projeté dans une salle de cinéma. Comme ses confrères et consœurs de renom, McQueen, le provocateur d’idées, est bien ancré dans son époque. C’est son droit. Et il ne manquera pas de confier à Thierry Frémeaux que la prochaine fois il veut être dans la compétition officielle. Un artiste doit montrer son art.

Pour en revenir au rêve, lorsqu’on lui demande pourquoi l’envie d’aller au cinéma perdure, Apichatpong Weerasethakul répond : «Parce que le cinéma est ce qui se rapproche le plus des rêves. » Il n’est pas le premier à le dire. Un film n’est-ce pas une parenthèse magique, un passage vers l’imaginaire de l’autre qui nous propose sa vision (rationnelle ou irrationnelle) du réel ? Pour y accéder, Leos Carax en pyjama dans Holy Motors (2012) nous fait traverser le mur de sa chambre. Une séquence que retiendra Mark Cousins pour son documentaire The Story of Film : A New Generation. Ou bien il suffit de croire avec René Clair (dans sa période hollywoodienne) que C’est arrivé demain (It Happened Tomorrow, 1944).

Et tout devient sujet à rêve. L’absence d’un père dans Flag Day. La révolte d’un fils dans Tre Piani. Les déboires d’un prisonnier en permission dans Un héros. Le deuil, la folie, l’amour, la maladie, le voyage… en fait, tout, tout ce qui fait la vie sert à faire des films. Et nous aimons qu’on nous raconte des histoires. L’œuvre d’art, chef-d’œuvre ou pas, ouvre et ferme un intervalle. Cet intervalle est une stylisation du réel, un tout achevé qui oppose une unité au chaos de l’existence et à « la figure fuyante de l’homme », comme dit Camus à propos de la peinture dans « Art et Révolte ».

J’irai revoir Bergman Island de Mia Hansen-Løve.

Esther Heboyan

Cannes Première : « Mothering Sunday » d’Eva Husson

Mothering Sunday (Le dimanche des mères) de la Française Eva Husson, représentant le Royaume-Uni dans la sélection Cannes Première, est une belle surprise. Dans son documentaire The Story of Film : A New Generation, Mark Cousins explique que le cinéma du 21ème siècle fait usage de la lenteur. Eva Husson utilise la lenteur à bon escient, scrutant les visages, cadrant les espaces, suggérant des paysages intérieurs, voire des vies entières. Et ce, tout en découpant, superposant, accélérant, la vie de Jane Fairchild (Odessa Young) sur plusieurs décennies – les années 1920, 1940 et 1980. Le récit principal se passe dans une Angleterre bucolique le 30 mars 1924, date qui va bouleverser les destins.

De jeune domestique au manoir des Niven (Colin Firth, Olivia Colman), Jane devient libraire puis écrivaine en herbe et à la fin de sa vie écrivaine de renommée internationale. Comme dans Atonement de Joe Wright, les souvenirs remontent aux histoires d’amour, l’une secrète avec Paul (Josh O’Connor) d’un rang social plus élevé, l’autre franche avec Donald (Sope Dirisu), un philosophe d’origine antillaise. Des moments de complicité charnelle et intellectuelle, au-delà des barrières sociales et raciales qui disent peut-être les changements survenus au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Le scénario signé par la dramaturge Alice Birch est une adaptation du roman de Graham Swift qui affirme que la fiction est un lieu de partage, de communion entre auteur et lecteur. Ce lien, Husson réussit à le recréer entre sa caméra et le spectateur. On peut évoquer de magnifiques séquences comme celle de Jane se promenant nue dans la demeure de Paul, explorant une suite de pièces, découvrant les livres de la bibliothèque, contemplant les tableaux aux murs. Le cadrage est tel qu’à un moment Jane elle-même semble figurer dans un tableau. Comme celle de Jane vieillie (Glenda Jackson) qui répond à la presse agglutinée devant sa porte avec la même émotion et la même fraicheur qu’autrefois.

Certes, le temps a passé, a apporté son lot d’événements joyeux ou douloureux, mais l’être humain a le pouvoir d’œuvrer pour soi et de se constituer des trophées dans son grenier. Le film d’Eva Husson, comme d’autres films de la compétition, s’intéresse aux individus comme s’ils étaient exceptionnels. Odessa Young et tous les autres acteurs livrent d’excellentes performances.

Esther Heboyan